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Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes

Sérieux risques d’engrenage militaire.

De l’avis de tous, les crispations en cours dépassent en intensité celles des années passées notamment parce qu’elles se traduisent par des postures guerrières et des démonstrations de force, favorisées par le retour au pouvoir au Japon du très nationaliste Shinzo Abe, dont les prises de position militaristes patriotiques et cocardières, visant à tourner le dos à la constitution pacifiste de l’archipel, sont devenues un épouvantail pour la direction chinoise.

A cet égard, il n’est pas anodin de rappeler que les ascendances familiales du revenant conservateur Shinzo Abe véhiculent en Chine de très néfastes réminiscences historiques. L’homme qui fut déjà premier ministre de 2006 à 2007 est en effet le petit fils de Nobosuke Kishi, ministre de l’industrie et du commerce de l’Amiral Tojo. Une réalité qui sent le souffre dans toute l’Asie.

Les tensions, qui s’enracinent dans une longue liste de différends et d’incompréhensions culturelles et historiques (voir notre article Relations Chine-Japon. Les non-dits de l’irrationnel), ont pris prétexte de la querelle des Senkaku / Diaoyutai qui couve depuis plus de 40 ans.

Elles se sont brutalement envenimées en septembre, quand l’ancien Premier Ministre Noda décida de nationaliser les îlots pour éviter que le gouverneur de Tokyo Ishihara, de la mouvance très antichinoise, n’en fasse l’acquisition et y construise des infrastructures, ce que Pékin considèrerait comme un casus – belli.

Mais le nationalisme chinois s’y est trompé. Pour lui, l’initiative de Noda n’était pas un geste de bonne volonté destiné à prévenir un dérapage antichinois de la droite japonaise, mais une provocation de Tokyo, insupportable pour Pékin dans un contexte où les questions de souveraineté excitent la fibre nationaliste, parfois au-delà du raisonnable.

Depuis, les deux pays flirtent avec un accrochage militaire. Il y eut d’abord des incursions de patrouilleurs civils chinois dans les eaux japonaises, repoussés par des garde-côtes japonais à coup de lances à eau ; puis, en décembre, le survol de l’archipel par un appareil de patrouille maritime de l’APL et le décollage en riposte de chasseurs de combat japonais ; en janvier, des avions de combat chinois et japonais on évolué ensemble au-dessus de l’archipel, tandis que la presse de Tokyo expliquait que Shinzo Abe envisageait des tirs de semonce si les incidents de reproduisaient.

La répartie de Pékin vint d’un général de l’APL qui expliqua que les tirs de sommation japonais « signeraient le début des hostilités militaires. »


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Par Anonyme Le 23/01/2013 à 21h59

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Très bon article de fond sur les tensions Chine-Japon.

Suggestion : vous pourriez le mettre à jour en mentionnant les dernières déclarations d’Hillary Clinton prenant clairement position en faveur du Japon dans les conflits des îles Senkaku, qui ont évidemment irrité Pékin.

Par La rédaction Le 24/01/2013 à 23h51

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Merci de votre appréciation. La passe d’armes entre Hillary Clinton et le MAE chinois est mentionnée dans la dernière brève, page 5. Mais je crois qu’il est – pardonnez moi – un peu excessif de dire que Hillary Clinton « a clairement pris position en faveur du Japon ». En réalité elle a rappelé que Washington ne prenait pas partie dans les querelles de souveraineté.

C’est aussi la position officielle américaine en Mer de Chine du sud, même s’il est vrai que l’engagement militaire (manœuvres conjointes avec les Philippines et le Vietnam) suggère le contraire. Il est vrai que ce positionnement anti-chinois est facilité par l’extravagance des revendications de Pékin dans cette zone.

S’agissant de l’archipel de Diaoyu / Senkaku, les arguments de Pékin et de Tokyo sont, à notre avis, sujets à contestation. Pékin s’appuie sur une disposition du droit de la mer qui permet d’étendre la zone économique exclusive au-delà des 200 nautiques, jusqu’aux limites du plateau continental, mais qui ne peut être appliquée en cas de litige. Et Tokyo prend prétexte du fait que le Japon occupe et administre les îles sans discontinuer depuis 1895. Ce qui manque de pertinence.

Enfin, il serait prudent de ne pas considérer que les Etats-Unis se placent systématiquement du côté du Japon. Récemment, ils ont, au contraire, exercé une pression constante pour que Tokyo se calme et accepte de négocier. Aucun homme politique américain sérieux ne voudrait se laisser entraîner par Tokyo dans un conflit avec la Chine. Quand à Pékin, sa relation avec le Japon reste marquée par l’ambiguïté et la crainte que Tokyo ne s’émancipe de son statut d’état vaincu et repentant, qu’il s’éloigne des Etats-Unis qui le contrôlent et cherche à s’affirmer politiquement par lui-même dans la sphère asiatique comme un concurrent de la Chine pour le magistère en Asie.

Autant dire que l’un et l’autre ont encore un gros travail à faire sur eux-mêmes pour apaiser leur relation et coopérer sans arrière-pensée. Une évolution qui serait sans aucun doute dans leur intérêt, puisqu’un Japon désinhibé pourrait réclamer la fermeture des bases américaines, ce qui serait dans l’intérêt objectif de la Chine. La question est de savoir si au fond c’est bien ce que veut la direction politique du régime à Pékin.

Par HanKuang Le 27/01/2013 à 06h09

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Une remarque quant l’épisode que, vous, et la presse en général, ont répété ad nauseam, selon lequel, des intercepteurs de la région continentale se seraient dirigés vers les Diaoyu, en réaction à « 2 F-15 japonais ayant pris en chasse un appareil [de la région continentale] en mission de reconnaissance au-dessus de l’archipel ». Reuters, ainsi que l’AFP, ont rapporté une autre version : un avion de patrouille maritime Y-8X à la hauteur de champs pétrolifères au large du Zhejiang serré de près par deux intercepteurs nippons, ce qui a contraint la région continentale à y envoyer, à son tour, deux J-10.

Quant à la dernière « flatulence » de Mme Clinton, vous avez bien posé, certes sans entrer dans les détails d’un dossier particulièrement complexe, la position difficile des États-Unis à cet égard, obligés de ménager, d’une part, leur protégé régional, le Japon, et, de l’autre, la région continentale de la Chine (中国大陆地区), dont ils voudraient, malgré tout, en faire un partenaire mondial.

Enfin, votre tour d’horizon gagnerait à traiter, non point du rôle de la region taiwanaise de la Chine (中国台湾地区) dans ce litige envers le Japon, mais de la coopération de facto entre les « deux régions d’une seule Chine » (“一中两区”, dixit Ma Yingjiu, le président du Parti Nationaliste Chinois) face à celui-ci.

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