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Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes

NOTES DE CONTEXTE.

Chine – Japon. Démonstrations de force.

Le 18 janvier, en amont d’une visite en Chine de la coalition au pouvoir, Shotaro Yachi, ancien diplomate, conseiller de Shinzo Abe expliquait que Pékin et Tokyo devaient mettre en place des mesures de sauvegarde pour empêcher que la « querelle pour de minuscules ilots » ne dérape vers un conflit armé.

La semaine dernière 2 J-10 de l’APL se sont dirigés vers les Senkaku pour réagir à 2 F-15 japonais ayant pris en chasse un appareil chinois en mission de reconnaissance au-dessus de l’archipel. Depuis quelques semaines Tokyo a, à plusieurs reprises, dépêché des chasseurs de combat pour intercepter des appareils chinois.

Pour appuyer la nécessité de règles de conduite, Shotaro Yachi a rappelé que, durant la guerre froide, Washington et Moscou avaient arrêté des procédures d’urgence destinées à éviter un conflit armé.

Chine – Japon. Excuses et repentance.

Aujourd’hui Pékin semble toujours suggérer que le Japon est révisionniste et que ses crimes de guerre, pour lesquels Tokyo a pourtant plusieurs fois présenté des excuses officielles, disqualifieraient à jamais l’Archipel de jouer un rôle politique accru sur la scène mondiale.

Ce blocage chinois n’est probablement pas sans effet sur la psychologie des conservateurs japonais et leur tendance aux provocations nationalistes. D’autant qu’en 1992, l’Empereur Akihito, en visite en Chine, avait exprimé au peuple chinois le plus haut niveau d’excuses possible qu’il pouvait espérer : « Il y a une période dans le passé où mon peuple a infligé des souffrances indicibles au peuple chinois. Cela demeure la source d’un profond chagrin personnel ».

Japon – Etats-Unis.

Le 17 janvier Tokyo et Washington ont, pour la première fois depuis 15 ans, entamé des négociations pour réviser l’architecture de leur coopération de défense. Selon un officiel du Pantagone, les négociations doivent redéfinir pour les 10 prochaines années les rôles des forces d’auto-défense et de l’armée américaine.

Cette remise à plat intervient alors que le nouveau Premier ministre japonais est confonté au durcissement des tensions avec la Chine et au développement du programme balistique et nucléaire nord-coréen, alors qu’une partie minoritaire des conservateurs, lassés de la tutelle américaine, prônent la rupture avec les Etats-Unis.

C’est le cas de Yabuki Susumu, cité dans l’article comme un intellectuel qui spécule sur l’apaisement sino-japonais, mais considère, en même temps que l’alliance avec Washington est contraire aux intérêts japonais. Il souligne en effet que les Etats-Unis sont aujourd’hui trop interdépendants avec la Chine pour que leur engagement aux côtés de Tokyo dans un conflit avec Pékin soit crédible. Par ailleurs il ajoute que l’alliance sino-américaine justifie la montée en puissance militaire de la Chine, une occurrence elle aussi contraire à l’intérêt stratégique du Japon.


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Par Anonyme Le 23/01/2013 à 21h59

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Très bon article de fond sur les tensions Chine-Japon.

Suggestion : vous pourriez le mettre à jour en mentionnant les dernières déclarations d’Hillary Clinton prenant clairement position en faveur du Japon dans les conflits des îles Senkaku, qui ont évidemment irrité Pékin.

Par La rédaction Le 24/01/2013 à 23h51

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Merci de votre appréciation. La passe d’armes entre Hillary Clinton et le MAE chinois est mentionnée dans la dernière brève, page 5. Mais je crois qu’il est – pardonnez moi – un peu excessif de dire que Hillary Clinton « a clairement pris position en faveur du Japon ». En réalité elle a rappelé que Washington ne prenait pas partie dans les querelles de souveraineté.

C’est aussi la position officielle américaine en Mer de Chine du sud, même s’il est vrai que l’engagement militaire (manœuvres conjointes avec les Philippines et le Vietnam) suggère le contraire. Il est vrai que ce positionnement anti-chinois est facilité par l’extravagance des revendications de Pékin dans cette zone.

S’agissant de l’archipel de Diaoyu / Senkaku, les arguments de Pékin et de Tokyo sont, à notre avis, sujets à contestation. Pékin s’appuie sur une disposition du droit de la mer qui permet d’étendre la zone économique exclusive au-delà des 200 nautiques, jusqu’aux limites du plateau continental, mais qui ne peut être appliquée en cas de litige. Et Tokyo prend prétexte du fait que le Japon occupe et administre les îles sans discontinuer depuis 1895. Ce qui manque de pertinence.

Enfin, il serait prudent de ne pas considérer que les Etats-Unis se placent systématiquement du côté du Japon. Récemment, ils ont, au contraire, exercé une pression constante pour que Tokyo se calme et accepte de négocier. Aucun homme politique américain sérieux ne voudrait se laisser entraîner par Tokyo dans un conflit avec la Chine. Quand à Pékin, sa relation avec le Japon reste marquée par l’ambiguïté et la crainte que Tokyo ne s’émancipe de son statut d’état vaincu et repentant, qu’il s’éloigne des Etats-Unis qui le contrôlent et cherche à s’affirmer politiquement par lui-même dans la sphère asiatique comme un concurrent de la Chine pour le magistère en Asie.

Autant dire que l’un et l’autre ont encore un gros travail à faire sur eux-mêmes pour apaiser leur relation et coopérer sans arrière-pensée. Une évolution qui serait sans aucun doute dans leur intérêt, puisqu’un Japon désinhibé pourrait réclamer la fermeture des bases américaines, ce qui serait dans l’intérêt objectif de la Chine. La question est de savoir si au fond c’est bien ce que veut la direction politique du régime à Pékin.

Par HanKuang Le 27/01/2013 à 06h09

Chine – Japon. Dérive guerrière, volonté d’apaisement et dangers nationalistes.

Une remarque quant l’épisode que, vous, et la presse en général, ont répété ad nauseam, selon lequel, des intercepteurs de la région continentale se seraient dirigés vers les Diaoyu, en réaction à « 2 F-15 japonais ayant pris en chasse un appareil [de la région continentale] en mission de reconnaissance au-dessus de l’archipel ». Reuters, ainsi que l’AFP, ont rapporté une autre version : un avion de patrouille maritime Y-8X à la hauteur de champs pétrolifères au large du Zhejiang serré de près par deux intercepteurs nippons, ce qui a contraint la région continentale à y envoyer, à son tour, deux J-10.

Quant à la dernière « flatulence » de Mme Clinton, vous avez bien posé, certes sans entrer dans les détails d’un dossier particulièrement complexe, la position difficile des États-Unis à cet égard, obligés de ménager, d’une part, leur protégé régional, le Japon, et, de l’autre, la région continentale de la Chine (中国大陆地区), dont ils voudraient, malgré tout, en faire un partenaire mondial.

Enfin, votre tour d’horizon gagnerait à traiter, non point du rôle de la region taiwanaise de la Chine (中国台湾地区) dans ce litige envers le Japon, mais de la coopération de facto entre les « deux régions d’une seule Chine » (“一中两区”, dixit Ma Yingjiu, le président du Parti Nationaliste Chinois) face à celui-ci.

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