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« Evergrande », le spectre d’un effet domino

Le 8 novembre dernier, dans la revue « Contrepoints » l’Espagnol Daniel Lacalle Fernandez, Docteur en économie et analyste financier, écrivait « qu’aucune économie n’avait jusqu’à présent été capable d’ignorer une bulle immobilière, encore moins de la compenser tout en poursuivant sa croissance et en remplaçant un secteur immobilier en ruines par d’autres pans de l’économie. »

Et ce constat : « Les économies lourdement réglementées, de l’Islande à l’Espagne, n’ont pas réussi à contenir l’impact négatif de l’effondrement du secteur immobilier. Il en sera de même pour la Chine. »

Pour lui la crise d’Evergrande n’est pas une anecdote, mais le symptôme d’un grave dérèglement.

Alertes de la Banque Fédérale américaine.

Peu après, alors que la Banque fédérale américaine mettait en garde contre la volatilité du secteur immobilier chinois, le groupe chinois Evergrande, le promoteur immobilier le plus endetté de la planète, obtenait de la Banque Centrale un nouveau délai de 30 jours pour le paiement à ses créanciers des dividendes de ses obligations arrivant à échéance le 6 novembre.

En octobre dernier, le groupe avait, au moins à deux reprises, déjà échappé de justesse à la faillite en effectuant ses paiements à quelques jours de la fin d’une première autorisation de report d’échéance, après avoir retiré 128,5 millions de $ de la vente de deux de ses jets privés.

Mais d’autres tentatives pour se donner une marge de manœuvre financière ont échoué. En septembre, il n’a pas réussi à vendre ses parts majoritaires évaluées à 2,6 Mds de $ dans une de ses filiales. Il n’a pas non plus réussi à vendre son immeuble de bureaux à Hong Kong qu’il avait payé 1,6 Mds de $ en 2015.

Depuis le 4 novembre, au moment où le Directeur de la banque centrale expliquait que le « risque Evergrande » était sous contrôle, le groupe a surpris les analystes en payant 128,5 millions de $ de dividendes à des détenteurs internationaux de ses obligations, après avoir vendu pour 530 millions de $, 5,7% de ses actions dans le groupe HengTen Network Group (Production de films et médias).

Signe que la défiance pour Evergrande persiste, la vente eut un effet positif passager sur l’action HengTen dont la capitalisation boursière en chute libre avait perdu 17 Mds de $ depuis février 2021.

Effet domino.

Face à nombre de détenteurs des obligations d’Evergrande qui disent ne pas avoir été payés depuis des mois, le PDG Hui Ka-yan vend ses actifs pour tenter de faire face aux échéances.

Selon le South China Morning Post, les plus rapprochées - entre novembre et janvier 2022 -, totalisent 651 millions de $.

Hui a récemment tenté de rassurer ses clients immobiliers et ses actionnaires en livrant 57 462 appartements entre juillet et octobre. Mais alors que la somme totale des dettes du groupe atteint 308 Mds de $, et que pour 2022, les échéances de paiement des dividendes se montent à 8,1 Mds de $, le compte n’y est pas et l’orage menace toujours.

Plus encore, « un effet domino » s’est récemment enclenché marqué par les faillites ou les menaces de faillites de plusieurs promoteurs dont Fantasia Holdings, Modern Land et Sinic.

« Fantasia Holding », fondée en 1996 par Zeng Jie, la nièce de l’ancien vice-président Zeng Qinghong a manqué les échéances du 4 octobre s’élevant à 205 millions de $.

En même temps, le groupe dont les actions à la bourse de Shenzhen ont plongé de 40% déclarait qu’il ne pourrait honorer toutes les autres échéances à venir. Mais, surprise, le 10 novembre, ses cotations ont repris à la bourse de Hong Kong, avec néanmoins une chute de 80% de la valeur de l’action depuis juillet.

Les groupes « Modern Land » et « Sinic » sont moins bien lotis, peut-être parce que moins directement reliés à la tête de l’appareil. Alors que leurs actions à Hong Kong ont respectivement chuté de 45 et 87% et qu’ils n’ont pas honoré leurs échéances du 20 octobre pour Modern Land et du 25 pour Sinic dont le PDG a perdu plus d’un milliard de $ selon Forbes, leurs cotations en bourse sont toujours suspendues.


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