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›› Taiwan

Feuille de route pour éviter « l’apocalypse »

ANNEXE.
Persistance des tensions et évolutions inflammables.

Trois constantes dessinent l’arrière-plan invariable des tensions dans le Détroit :

1) La RPC n’abandonnera jamais sa revendication sur l’Île. Pour elle il s’agit de l’impératif historique de « réunification avec la Mère Patrie  ».

Alors que Taïwan avait échappé à la dynastie Qing en 1895 après la défaite contre le Japon, le retour de la souveraineté de Pékin constitue, après la victoire sur Tchang Kai-chek de 1949, un élément essentiel du narratif nationaliste unitaire du Parti et de sa légitimité.

2) A partir de 1949, l’Île est non seulement restée hors de contrôle du Continent, mais, de surcroît elle a à partir de 1986, développé un système politique démocratique, véritable défi d’un autre « Monde chinois » au parti communiste au pouvoir sur le Continent.

3) Depuis 74 ans, le régime à Taipei doit sa survie à l’assurance de sécurité accordée par les États-Unis, d’abord par un accord de défense et, depuis 1979, par le truchement du « Taiwan Relations Act - TRA -  ».

Le TRA qui n’est pas un accord de défense avec Taïwan, est une contrainte de droit interne votée par le Congrès. Elle oblige les États-Unis à mettre à la disposition de l’Île les équipements militaires nécessaires à sa défense et impose au Président « d’informer sans délais le Congrès des menaces contre la sécurité de Taïwan ou contre son système socio-économique ainsi que de tout risque pour les intérêts des États-Unis. » Il précise en outre que la nature de la riposte sera déterminée par l’exécutif en liaison avec le Congrès.

Enfin, depuis le milieu des années 90, à ces invariants se sont ajoutées deux évolutions inflammables supplémentaires.

La première est l’impatience de Pékin qui se traduit par une augmentation de la menace militaire envisagée non seulement en cas de déclaration d’indépendance, mais également en cas « d’initiatives de l’Île créant une séparation permanente avec le Continent » ou/et « retardant indéfiniment la réunification. ».

Depuis 2018, Xi Jinping y rajoute – incidence tout aussi inquiétante pour les Taïwanais - l’échéance ultime pour la réunification, qu’il a fixée au centenaire de la RPC en 2049.

La deuxième est l’évolution de la jeunesse de l’Île. Alors que les Taïwanais sont à plus de 95% hostiles à la réunification, les plus jeunes générations, craignant la pesanteur du régime communiste, se détachent culturellement de la Chine au point que 83% des 18 – 29 ans se sentent plus Taïwanais que Chinois, quand la moyenne des tranches plus âgées exprimant un attachement plus Taïwanais que Chinois est voisine de 60%.


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