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Le « père de la démocratie taïwanaise » est mort

Lee Teng Hui, 李登輝 qui fut Président de la République de Chine de 1988 à 2000, premier chef de l’État taïwanais natif de l’Île élu au suffrage universel direct en 1996 à l’issue d’un surgissement démocratique initié par Jiang Jingguo, le fils de Chang Kai-chek, est décédé le 30 juillet à l’âge de 97 ans.

Le contraste des réactions à son décès, de part et d’autre du Détroit et dans le monde, résonne en écho des incandescences de la relation entre l’Île et le Continent.

Ce n’est pas tout. La mort de celui que ses admirateurs à Taïwan et dans le monde appellent « Le père de la démocratie taïwanaise » retentit symboliquement au moment où, entre Pékin et la plupart des capitales occidentales, monte l’alarme d’une puissante rivalité systémique.

Attisé par l’affirmation nationaliste des « caractéristiques chinoises » que Pékin oppose à l’Occident, elle couve entre les régimes libres et la Chine autocrate qui vient d’éliminer des prochaines élections législatives à Hong Kong tous les candidats réfutant la Loi Fondamentale et l’appartenance de la R.A.S à la Chine.

*

Dans l’Île, la présidente Tsai Ing-wen, portant une pensée politique de rupture avec le Continent, mais sévèrement bridée par la menace de représailles militaires, émule reconnaissante du patriarche qui l’avait chargée de préparer sa sulfureuse déclaration sur les « Deux États » en juillet 1999, livrée à un journaliste de la Deutsche Welle, a déclaré un deuil de trois jours et décidé des funérailles nationales.

Mais tout le monde n’est pas aussi laudatif. Certains au KMT attaquent violemment la mémoire de Lee accusé d’avoir précipité l’éclatement du parti dont il fut exclu en 2001, une année après l’élection du premier président indépendantiste Chen Shui-bian, pour avoir fondé l’Union Solidaire pour Taïwan 台灣團結聯, portant un projet de rupture avec le Continent, radicalement opposé à la ligne du KMT.

Yok Mu-ming 郁慕明, président honoraire du Parti du Nouveau Pouvoir, poussant la controverse jusqu’à l’outrage, est allé jusqu’à le qualifier de « traitre à la race chinoise ».

En revanche, Ma Ying-jeou, l’ancien Président et Lien Chan tous deux vétérans du KMT ayant servi sous la présidence de Lee Teng-hui, le deuxième comme vice-président (1996 – 2000) ont, malgré les divergences survenues après la volte-face indépendantiste de Lee, reconnu son héritage démocratique.

A Pékin, le ressentiment est, sans surprise, l’arrière-plan de toutes les déclarations, même si les réactions officielles sont restées mesurées comme celles du Bureau des Affaires taïwanaises : « L’indépendance est une impasse. Aucune force, ni personne ne pourra arrêter la marche historique vers la réunification et la renaissance de la Nation ». Le 30 juillet, le Global Times, plus critique et plus vindicatif, accusait lui aussi Lee d’être le « parrain du sécessionnisme et un traitre à la nation chinoise ».

De l’étranger, les éloges les plus marqués vinrent logiquement des États-Unis que Lee connaissait bien pour y avoir fait une partie de ses études.

L’Institut Américain de Taïwan où le drapeau a été mis en berne, a associé ses louanges à une vision stratégique gagnant en influence à mesure que s’aggravent les tensions avec Pékin.

Elle laissait en effet percer le nouveau choix américain - chiffon rouge pour le régime chinois - de rapprochement stratégique avec l’Île et de contournement de la Chine par l’Inde :

« C’est sous la présidence de Lee qu’eut lieu, en à peine plus de dix ans, l’étonnante transition de la loi martiale vers la démocratie, socle du partenariat de Taïwan avec les États-Unis dont la contribution à la zone Indo-Pacifique et au monde fut essentielle ».

Le 31 juillet, la Maison Blanche offrit ses condoléances au peuple taïwanais et à la famille du président en soulignant que « Lee avait conduit la transition de l’Île vers une société libre et prospère », remarquant au passage « qu’il avait accepté de céder le pouvoir au président élu Chen Shui Bian » après 55 années de règne sans partage du KMT.


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