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Présidentielles 2024 : Lai toujours favori. L’écart avec Hou se resserre. Les perspectives du scrutin législatif se brouillent

A moins de trois semaines des élections présidentielles du 13 janvier 2024, alors que l’alliance entre Ko Wen-je et Hou You-ih s’est autodétruite en direct à la télévision le 24 novembre, les derniers sondages indiquent que se profile une troisième victoire du Min Jin Dang 民進 黨, le Parti du progrès démocratique.

Selon une moyenne des réponses calculée par « The Econmist  » en date du 19 décembre Lai Qing De est en tête avec 34% des intentions de vote, suivi de Hou You-ih, 31% et Ko Wen-je, en net décrochage avec 21%.

Une nuance cependant. Si, depuis début décembre les moyennes des réponses en faveur de Lai et Ko sont en baisse de trois points pour Lai et d’un point pour Ko, le point médian des intentions de vote en faveur de Hou du KMT est en hausse régulière, dans une tendance générale qui lui a fait gagner dix points en deux mois.

Le projet de Lai en rupture avec le Continent qui n’a jamais accepté de reconnaître le « Consensus de 1992, d’une seule Chine », est porté par un couple aux convictions politiques qui, dans la relation avec Pékin, se résument à la formule de Tsai Ing-wen, « tout est négociable, sauf notre liberté ». Essentiellement opposés à tout compromis avec le parti communiste chinois, leur expérience de vie personnelle et professionnelle est proche des États-Unis.

Les candidats DPP, très proches des États-Unis.

Lai Qing De, 賴清德 (William Lai), 64 ans, Vice-président en exercice et ancien rival de Tsai au sein du Min Jin Dang, battu par elle aux primaires du DPP en amont des présidentielles de 2020, aujourd’hui candidat à sa succession, est médecin de formation, praticien de santé publique formé à Harvard et spécialiste des lésions de la moelle épinière de l’Hôpital de l’Université Nationale Cheng Gong, 成功大學醫學院.

Il fut aussi le Premier Ministre de l’Île (2017-2019) et le maire indépendantiste militant de Tainan (2010-2017), après avoir été trois fois brillamment réélu député d’une des circonscriptions de la ville (1999, 2004, 2008).

En 2010, au moment de démissionner de son mandat de député pour devenir maire de la ville, devenue la « Municipalité Spéciale de Tainan », dans sa circonscription, il comptait 20 points d’avance sur Kuo Tien-tsai, son concurrent KMT.

Sa remarquable trajectoire de jeune virtuose de la mouvance politique de rupture avec le Continent fut cependant interrompue en 2018. En novembre de cette année, son parti, le DPP subissait en effet une cuisante défaite aux élections locales où il fut battu dans 3 des 6 municipalités phares, y compris dans les deux fiefs emblématiques de la mouvance indépendantiste de Taichung et Kaohsiung. Lire : Tsai Ing-wen à la peine. Sous la vigilance de Pékin, le paysage démocratique de l’Île évolue.

A la grande satisfaction de Pékin, la ville de Kaohsiung fief indépendantiste, avait été conquise avec près de 54% des voix par Han Kuo-Yu, 61 ans à l’époque et candidat du KMT, opposé à la rupture avec la Chine.

Vieux routier de la politique, ancien membre du Yuan Législatif de 1993 à 2002, ayant des ascendances familiales sur le Continent, Han fut cependant destitué en juin 2020 par un referendum d’initiative citoyenne après la révélation que sa victoire avait été favorisée par l’invasion des réseaux sociaux de l’Île submergés par des « troll  » chinois. Lire : A Taïwan la démocratie directe éloigne l’Île du Continent.

Au milieu des incessantes pressions du Continent offusqué par l’intention dissidente du Min Jin Dang, le principal handicap de Lai est son image rebelle d’indépendantiste militant. Alors que dans l’Île et à Pékin, il est vu comme l’inflexible champion de la rupture avec la Chine, son élection signifierait la perpétuation des tensions dans le Détroit, motif d’inquiétude pour nombre d’électeurs.

Récemment, il a prudemment adouci son message. S’étant par le passé lui-même décrit comme un « travailleur pragmatique pour l’indépendance de Taiwan » - ligne rouge du Parti Communiste chinois - il a promis de s’en tenir à la stratégie de Tsai, de préserver le statuquo et de ne pas défier Pékin. En substance, il prône que « Puisque Taiwan est déjà de facto indépendante, il n’est pas nécessaire de le réaffirmer ».


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