Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Politique intérieure

SRAS : les dessous du retournement dans la deuxième quinzaine d’avril

Il est possible que les dirigeants, comme le corps médical chinois aient sous-estimé jusqu’en février le danger de l’épidémie de pneumonie atypique (SRAS) qui avait créé un certain émoi au sud de Canton en novembre et décembre 2002. Mais le parti avait aussi donné, comme de coutume, la consigne de veiller particulièrement à la « stabilité sociale » dans la période allant de novembre (réunion du 16è Congrès du parti communiste) à mars 2003 (session annuelle du Congrès national populaire du 5 au 18). Les autorités provinciales devaient, en particulier, interdire la publication d’informations susceptibles d’alarmer la population … et le pouvoir central à Pékin.

Lorsqu’en mars et avril ce dernier a pris conscience de l’extension et du risque élevé du SRAS (14 avril), tout s’est passé comme si HU Jintao et WEN Jiabao se retrouvaient seuls pour mener une politique de transparence, de vérité et de mobilisation contre l’épidémie. Une réunion imprévue du CP/BP eut lieu le 16, pour approuver la ligne de transparence au sujet du SRAS et ses conséquences, la région de Shanghai faisant exception pour des raisons non dites. JIANG Zemin et le groupe de Shanghai, WU Bangguo, HUANG Ju, ZENG Qinghong en particulier, se sont fait remarquer par leur silence jusqu’au 25 avril, date à partir de laquelle ils s’expriment de nouveau pour appuyer la nouvelle ligne du bout des lèvres. Mais seul JIANG pouvait imposer aux généraux de lever le secret sur le nombre de malades dans les hôpitaux militaires.

La perte de crédibilité du parti imposait de désigner des boucs émissaires pour accompagner ce retournement. L’un était responsable ès-fonctions : le ministre de la Santé ZHANG Wenkang, shanghaien de 62 ans, ancien médecin militaire, au gouvernement depuis 1993 et 1998 et proche de JIANG. Le récent maire de Pékin MENG Xuenong, en revanche, était sacrifié probablement par symétrie puisqu’on le sait proche de HU Jintao et que son supérieur immédiat, le Secrétaire du parti pour la capitale LIU Qi (membre du BP) s’en sortait avec quelques phrases d’excuses publiques. L’équilibre des factions est sauvegardé et les 25 plus hauts dirigeants du PCC sont toujours politiquement irresponsables.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Modernisation des forces, exigence d’allégeance à Xi Jinping et purge anticorruption

L’appareil fait l’impasse du 3e plénum. Décryptage

A Hong-Kong, l’obsession de mise au pas

Pour l’appareil, « Noël » est une fête occidentale dont la célébration est à proscrire

Décès de Li Keqiang. Disparition d’un réformateur compètent et discret, marginalisé par Xi Jinping