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›› Taiwan

Après l’Ukraine Donald Trump fait pression sur Taiwan

ANNEXE
La forte dépendance militaire de Taïwan à l’Amérique.

L’extrême densité de l’imbrication militaire entre Taiwan et les Etats-Unis agit comme une assurance destinée à tenir à distance les doutes récurrents, ravivés par D. Trump, sur l’engagement de Washington en cas de conflit dans le Détroit.


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Les relations de Taïwan avec les États-Unis sont vitales pour l’île. Même si depuis 1979 Washington ne reconnaît pas officiellement la République de Chine, son soutien diplomatique et militaire représente une ceinture de sécurite pour Taipei face à la pression croissante de la République populaire de Chine et aux appels récurrents à la « réunification », y compris par la force.

Les deux pays partagent des liens économiques très denses, les États-Unis étant le deuxième partenaire commercial de Taïwan (derrière la Chine) et la première destination d’investissements en 2024, principalement en raison des projets de TSMC en Arizona.

Les centres de recherche, les instituts politiques et le système éducatif américains sont aussi les destinations clés pour les étudiants taïwanais et les creusets de la formation des dirigeants politiques, militaires et économiques de l’Île.

Reflétant l’influence significative de Washington, l’Institut américain de Taipei (AIT), qui sert de facto d’ambassade des États-Unis, emploie plus de 500 personnes. Le chiffre, comparable a celui des effectifs de l’ambassade des États-Unis à Tokyo, est dix fois supérieur à celui du Bureau français de Taipei, qui dispose de la plus grande représentation européenne sur l’île.

Ces dernières années, les relations entre les États-Unis et Taïwan se sont considérablement développées, renforcées par un soutien bipartisan sans faille des Républicains et des Démocrates.

Au cours de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump a porté les ventes d’armes à 18,76 milliards de dollars (record depuis 1990) et facilité les échanges de haut niveau, renforçant la coopération dans des secteurs du cyberespace et de l’énergie.

Dans ce contexte de montée en gamme de l’aide américaine, après D. Trump, l’administration Biden (2021-2025) a non seulement approfondi ces initiatives, mais elle les a étendues, atteignant des niveaux sans précédent de coopération militaire et sécuritaire.

La tendance a encore été renforcée par les fréquentes visites dans l’Île du Congrès – avec pas moins de 13 délégations ayant visité l’Île entre 2018 et 2024 – ainsi que par des initiatives législatives qui ont encore plus imbriqué les relations dans tous les domaines.

En 2020, le Taiwan Assurance Act réaffirmait que Taïwan est une part importante de la stratégie de l’Amérique exigeant des transferts périodiques d’équipements militaires pour rehausser la capacité de défense de l’Île.

Deux ans plus tard le Taiwan Enhanced Resilience Act soulignait l’exigence de contribuer à moderniser les capacités de défense de l’Île pour dissuader et, si nécessaire combattre avec succès une agression de la RPC.

La dernière réforme du corps des Marines taïwanais intégrés au corps des Marines américains, témoigne de l’imbrication militaire et en même temps de l’étroite dépendance à l’Amérique, en matière de défense.

Alors qu’un grand nombre d’officiers taïwanais sont formés dans les écoles militaires américaines et que le Pentagone envoie chaque année dans l’Île 2 à 3000 conseillers et experts, la dépendance est également étroite dans le domaine du renseignement et des systèmes de commandement.

Enfin s’il est vrai que ces dernières années, l’industrie de défense taïwanaise a fait des progrès dans la production d’équipements militaires domestiques, notamment de missiles (tels que les missiles air-air Tian Jian 天劍 – Sky Swords - et les missiles antinavires Hsiung Feng 雄風), de drones et du premier sous-marins produit localement [lire : Promouvoir la démocratie et les libertés pour échapper au face-à-face avec Pékin], il n’en reste pas moins que l’Île dépend toujours de la fourniture de composants clés américains.

Parmi eux, citons, objets de récentes tensions entre Washington et Pékin, les radars longue portée tels que les AN/TPS-77 et AN/TPS-78 ainsi que les missiles sol-air NASAMS (lire le § Regain de tensions sino-américaine autour de Taiwan de notre article APEC et G.20, mises en scène d’une mondialisation vertueuse et chaos du monde.


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