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« Beidou » le GPS chinois devient « global »

Image d’archives. A Xichang, en 2016, préparation du lancement d’un satellite Beidou. Le 5 novembre 2018, Xi Jinping avait, dans une lettre adressée au 13e sommet du Comité International de la navigation par satellite réuni à Xi’an, affirmé la volonté de la Chine de partager les progrès de son système Beidou avec des partenaires pour promouvoir un système global intégré.


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Le 16 décembre la Chine a mis en orbite 2 nouveaux satellites de son système de navigation Beidou 北斗 (Grande Ourse).

Lancés par une fusée Longue Marche 3A, à partir du site de Xichang, 330 km au sud de Chengdu au Sichuan, ils sont, avec deux derniers encore à venir en 2020, les ultimes éléments de la 3e phase (BDS 3) du système de positionnement spatial chinois.

Ce dernier dont une partie des services universels fonctionnent depuis la fin 2018, devrait être entièrement opérationnel au cours du premier semestre 2020 avec une nébuleuse de satellites dont le nombre sera supérieur d’au moins 3 satellites à celui du système GPS américain qui en comporte 33. (Le nombre de satellites du GPS en fonctionnement simultané varie. Il est au moins de 24.)

Le système en constante amélioration est évolutif et le nombre de satellites augmente (voir la note de contexte). Contrairement au GPS, Beidou repose sur la double transmission de signaux des satellites vers la terre et retour. Cette caractéristique constitue une vulnérabilité.

Selon Wang Ping, l’ingénieur en charge de la mise au point les satellites, interviewé par CCTV, la réalisation complète du programme Beidou en 2020 qui étendra la couverture à toute la planète, mettra un terme à la dépendance au système GPS américain de navigation et de positionnement.

Ce n’est pas fini. Dans une interview à GPS World Magazine publiée le 13 décembre, Yang Changfeng, responsable du programme dont la Phase 1 a été lancée en 2000, ciblait l’échéance de 2035. « A cette date » dit-il, le système offrira « des services de positionnement, de navigation et de chronométrage plus universels, intégrés et intelligents ».

Une montée en puissance rapide de la 3e phase.

La carte (source springer.com) montre la répartition globale des stations de contrôle du système Beidou. Forte concentration en Europe occidentale et en Asie-Pacifique, en Afrique au sud de l’équateur et en Amérique Latine.


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Depuis janvier 2019, la mise en orbite des satellites a été accélérée. 3 sur une orbite géosynchrone inclinée ; 6 sur une orbite médiane (dont les 2 lancés le 16 décembre). D’ici la mi-2020, deux autres seront lancés en orbite géosynchrone. Ils porteront le nombre de satellites à 36 et complèteront la 3e phase de Beidou. Cette dernière a amélioré les performances de précision et de fiabilité de 30%.

La portée du système a été étendue de la région Asie-Pacifique à toute la planète, avec une précision de 2,4 m horizontale et 4,3 m en altitude. La précision des mesures de vitesse est de 0,05 m/s et la synchronisation des horloges atomiques est à 9,8 nanosecondes.

L’accélération du programme a également concerné les stations au sol dont 12 unités ont été construites dans la seule année 2019. Le segment au sol du système comprend 1) 24 stations de surveillance, 2) La station de commande principale (SCP) qui recueille et traite les données des stations de surveillance et 3) les stations d’émission vers l’espace qui les transmettent.

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Depuis le milieu des années 2000 Pékin s’efforce de faire la promotion de son système. En 2017, le rapport américain sur la relation économique sino-américaine et ses implications de sécurité (China Economic and Security Review Commission (USCC) research report) confirmait que les pays, parties aux « Nouvelles routes de la soie » étaient l’objet d’incitations pour qu’ils utilisent le système Beidou.

Ainsi une aide financière aurait été accordée à la Thaïlande, au Pakistan, au Cambodge et au Laos par Pékin qui cherche aussi des accès en Asie pour un millier de stations au sol. En même temps, le rapport affirme que le GPS et BeiDou ne seront pas nécessairement en compétition.

« En termes économiques, les signaux GPS et BeiDou sont tous deux gratuits et ne sont pas en concurrence commerciale. Ce développement apportera une plus grande précision aux consommateurs à un coût marginal minimal. »


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