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Chine-Russie, inquiétudes autour d’un authentique partenariat stratégique

Les fragilités du partenariat stratégique

S’il est une relation déséquilibrée, c’est bien celle entre la Chine et la Russie. Leurs échanges commerciaux, même si elles ont été multipliées par dix depuis 2001, restent modestes (entre 60 et 70 Mds de $). Quoiqu’en disent les communiqués officiels, ils sont en grande partie à sens unique, articulés autour de livraisons de gaz, de pétrole et d’équipements militaires - ces dernières étant souvent freinées par les réticences russes. Et quand les échanges se diversifient, ils restent tout de même orientés autour du secteur de l’énergie.

Le poids des ressources primaires

En septembre 2010, la Chine a accordé un prêt de 6 Mds de $ en échange d’exportation de charbon vers la Chine pour une durée de 25 ans ; lors de sa dernière visite en Chine, fin septembre 2010, le Président Medvedev a promis que la Russie construirait 2 nouvelles centrales nucléaires dans la région de Shanghai, tandis que la Chine devrait construire un générateur de vapeur dans la région de Yaroslavl.

Mais la principale nouvelle des relations bilatérales reste la mise en service, le 2 janvier dernier, du premier oléoduc reliant l’est de la Sibérie au Nord-est de la Chine, dont la capacité annuelle est de 15 millions de tonnes. Le coût du projet s’élève à 25 Mds de $ en partie financé par des prêts chinois. En revanche les deux pays ne sont pas tombés d’accord sur le prix du gaz acheminé par un gazoduc aujourd’hui en construction, qui doit relier l’ouest de la Sibérie au Xinjiang par les Monts Altaï (capacité : 30Mds de m3 annuels, coût total du projet 16 Mds de $).

La puissance financière et démographique chinoise

Quant aux perspectives d’exportations de produits manufacturés russes vers la Chine, elles sont handicapées par la vétusté de l’appareil industriel et se heurtent à la compétitivité chinoise, tandis que les dettes des grands conglomérats d’état, résultats des nationalisations de la période Putin, constituent une fragilité face à la puissance financière chinoise aux aguets. Déjà le fonds souverain chinois a manifesté son intention de racheter tout ou partie des 10 Mds d’actions mises sur la marché pour le programme de privatisation décidé l’année dernière par le ministre des finances Alexei Kudrin.

En Russie, de nombreux experts mettent depuis longtemps en garde contre le déséquilibre démographique entre la Sibérie et la Mandchourie limitrophe (seulement 8 millions de Russes vivent entre le lac Baïkal et le Pacifique, contre 200 millions de Chinois dans le Nord-est), tandis que la connivence sino-russe en Asie Centrale est déjà menacée par les luttes d’influence et la concurrence pour l’exploitation des ressources énergétiques. Soucieuse de diversifier des sources d’approvisionnement, la Chine y développe un réseau de plus en plus dense de voies ferrées et de gazoducs.

Enfin, s’il est vrai que les deux pays partagent un fort sentiment de méfiance envers les Etats-Unis, force est de constater que Washington reste, pour Moscou comme pour Pékin, le point focal de leurs relations stratégiques. Un tiers des réponses du Vice-ministre des Affaires étrangères Dai Binguo à des journalistes chinois et russes, qui l’interrogeaient sur le contenu du dialogue stratégique sino-russe du mois de janvier, portaient sur les relations de Moscou et de Pékin avec la Maison Blanche.


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