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Espace et marine de guerre

Station spatiale.

Le 5 juin dernier une nouvelle équipe de trois astronautes dont une femme s’est installée dans le module central Tianhe de la station Tiangong après un vol de six heures à bord de la capsule Shenzhou-14, lancée du site de Jiuquan par une fusée Longue Marche 2-F.

Le Commandant Chen Dong (44 ans) qui avait participé à Shenzhou 11 en 2016, et ses deux équipiers Liu Yang (44 ans), qui fut la première femme astronaute à bord de Shenzhou-9 en 2012 et Cai Xuzhe (46 ans) pilote de chasse dont c’est la première mission, passeront six mois dans le module central Tianhe 天和 (harmonie céleste) mis en orbite basse le 29 avril de 2021.

Les trois qui conduiront une série d’expériences scientifiques et effectueront plusieurs sorties dans l’espace, doivent préparer l’arrimage de part et d’autre de la station prévu en juillet et octobre prochains des deux autres modules Wentian 问天 et Mengtian 梦 天.

La mission est la troisième du genre destinée à la construction de la station spatiale, dont l’achèvement est prévu en décembre. Elle avait été précédée d’une première mission de trois mois, achevée en septembre 2021, suivie d’une autre de six mois retournée sur terre, le 16 avril 2022. Lire : Fin de la mission Shenzhou 13.

Six missions sont programmées d’ici la fin de l’année, dont deux autres transportant du fret et une nouvelle mission avec équipage, chargée de l’arrimage des deux modules-laboratoires. Ces derniers seront assemblés à la cabine principale Tianhe en une structure en forme de T - créant l’espace de vie défnitif des astronautes – dont le volume passera de 50 à 110 mètres cubes. Une fois la construction terminée, la station spatiale Tiangong devrait durer 15 ans.

Une autre aventure spatiale de Pékin cible Mars où, 6 ans après la NASA, le rover chinois Zhurong 祝融 avait en mai 2021 détecté des traces de l’existence de l’eau ayant persisté plus longtemps que ne l’avaient prévu les astrophysiciens. Lire : Le « Dieu du feu » chinois s’est posé sur Mars.

Un troisième grand projet consistera à construire d’ici 2035 sur la face cachée de la Lune, une base sino-russe de recherche scientifique ouverte à une participation internationale.

Puissance de l’aéronavale.

Le 3e porte-avions chinois a été lancé le 17 juin par le chantier naval de Jiangnan 江南造船 dont l’histoire qui se confond avec celle du pôle industriel de Shanghai, remonte à l’industrialisation en 1865 [1].

Baptisé Fujian 福, le troisième porte-avions à propulsion classique est nettement plus imposant que les deux premiers le « Liaoning » et le « Shandong ». Avec un déplacement à pleine charge de 80 000 tonnes, il se place en tête des PA en service sur la planète, immédiatement derrière les sept PA à propulsion nucléaire de l’US Navy de la classe Roosevelt jaugeant 88 000 tonnes.

Premier PA chinois sans rampe de lancement, avec une longueur totale de 316 m, le Fujian qui entre en phase d’essai dont la durée sera d’au moins deux années, est équipé du système d’assistance au décollage par catapulte de type (CATOBAR) en cours d’amélioration par un dispositif électromagnétique.

Alors que le type d’avions de combat embarqués pourrait être le J-35, chasseur dérivé du FC-31 ou J-31 multi rôles furtif fabriqué à Shenyang, assez semblable au F-35, les experts américains estiment que le bâtiment embarquera au moins 80 avions de chasse (comparable aux 90 aéronefs embarqués par les PA nucléaires de la classe Roosevelt) ainsi que des appareils de contrôle et de surveillance de type AWACS, dont le modèle chinois est le « Xi’an KJ-600 » bimoteur à l’apparence très proche du Grumman E-2 Hawkeye.

Le lancement du Fujian, premier porte-avion classique aux dimensions et aux capacités comparables à ceux de l’US Navy, témoigne des progrès constants de la marine chinoise. Selon le Pentagone, sa montée en puissance régulière depuis plus de vingt-cinq années procède d’une prudente stratégie d’apprentissage, d’intégration et d’assimilation des techniques aéronavales déjà éprouvées.

Les progrès se lisent d’abord dans les chiffres. Entre 2000 et 2021 le nombre de navires de combat est passé de 210 à 360, alors que celui de la marine américaine a été réduit de 318 à 297. Parmi les navires de premier rang on compte 2 porte-avions (+1 en cours d’essai), 40 croiseurs ou destroyers et 102 frégates ou corvettes.

Les projections établies à partir du rythme actuel de croissance anticipent qu’en 2030, la marine chinoise sera dotée de 460 navires dont la majorité sera des navires de surface de premier rang (4 porte-avions, des croiseurs, destroyers, frégates, sous-marin nucléaires lanceurs d’engins, sous-marins d’attaque, navires amphibies, bâtiments anti-mines et navires logistiques). Lire Navy Force Structure and Shipbuilding Plans : Background and Issues for Congress (pdf).

En plus des missions classiques de protection des lignes de communication logistiques vers le golfe persique, de lutte contre la piraterie, d’évacuation des ressortissants chinois et d’assistance humanitaire, les stratèges américains y voient le premier défi sérieux à la puissance militaire des États-Unis depuis 1945.

Ils estiment que la spectaculaire augmentation des moyens, vise d’abord à interdire l’accès de l’US Navy à la zone de Taïwan et à la mer de Chine du sud où les bâtiments de guerre américains conduisent régulièrement des missions destinées à faire respecter la liberté de navigation dans les eaux que Pékin réclame en réfutant l’autorité légale de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

Lors du dernier « Dialogue de Shangri-La », du 10 au 12 juin à Singapour, le ministre de la défense Wei Fenghe, faisant référence à ces missions qui transitent dans le détroit de Taïwan et dans les eaux réclamées par Pékin en mer de Chine du Sud, a, pour ces raisons, accusé les États-Unis d’être les principaux fauteurs de troubles dans la zone du Pacifique occidental.

Note(s) :

[1Installé depuis 2009 sur l’île de Changxing à l’embouchure du Yangzi, le chantier naval construit, répare et entretient des navires civils et militaires pour des clients chinois et étrangers. Récemment il a focalisé ses activités sur la production de méthaniers transportant du gaz liquéfié (GNL), de cargos « Ro-Ro » transporteurs de voitures, de pétroliers, vraquiers de toutes tailles, cargos polyvalents et porte-conteneurs à chargement rapide.

En décembre 2020, le chantier naval de Changxing a livré (avec dix mois de retard) au transporteur français CGA-CGM le « Champs Élysées » (400 m de long, à la capacité d’emport de 23 000 conteneurs), l’un des deux seuls porte-conteneurs géants au monde propulsés au gaz naturel.

Signalons au passage que le chantier chinois est un des clients du Français GTT (Gaztransport & Technigaz) groupe d’ingénierie navale, spécialisé dans la conception et le design de systèmes de confinement pour le transport par voie maritime et le stockage en conditions cryogéniques du GNL.

Lire : Nouvelle commande pour GTT, elle vient de Chine.


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