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Innovations chinoises en 2017

L’innovation 创新 en Chine souffre certes encore de retards bureaucratiques et de la persistance d’un esprit conformiste plus porté à la sécurité de la copie qu’aux risques de la découverte. Il reste qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs a compris l’importance de la R&D et le pouvoir multiplicateur du marché.

En même temps, alors que les mentalités acceptent de plus en plus les échecs, encourageant l’exploration hors des sentiers battus, les pouvoirs publics augmentent régulièrement les crédits dédiés à la recherche. La projection des courbes envisage qu’en parité de pouvoir d’achat, les crédits chinois de R&D dépasseront ceux de l’UE en 2018 à hauteur de 400 Mds de $ et rattraperont ceux des États-Unis estimés en 2028 à 800 Mds de $. Si cette projection se réalisait, dans 10 ans, les crédits consacrés à la R&D en Chine seraient alors deux fois supérieurs à ceux de l’UE.


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En présentant ses vœux au peuple chinois, sacrifiant le 31 décembre au soir à la mode du calendrier grégorien, le Président Xi Jinping a rappelé les avancées technologiques majeures chinoises de 2017.

Question Chine en avait déjà évoqué quelques unes : le satellite quantique ; le radio télescope géant du Guizhou, le TGV Pékin-Shanghai (lire Du TGV à l’espace, l’innovation chinoise en marche. et La coopération internationale, condition du succès à venir du C 919.), l’essai en vol du 2e prototype du biréacteur C.919 qui doit beaucoup aux technologies étrangères, résultat de coopérations-transferts, imposées par la Chine en échange de l’accès à son marché et dont il est raisonnable de penser qu’elles aboutiront dans un avenir proche à une plus grande sinisation de l’aéronautique civile chinoise.

Le C.919

Les tests utilisant 6 prototypes doivent encore contrôler les performances dynamiques et celles des moteurs, l’avionique et le système électrique, l’efficacité du service à bord et l’information aux passagers.

Mais leur espacement pourrait traduire quelques difficultés rémanentes que les experts aéronautiques attribuaient encore au printemps 2017 à des vibrations anormales de la structure de l’appareil à haute altitude et à grande vitesse.

Depuis l’article QC publié en novembre 2015 sur le C.919, il s’est produit une évolution majeure dans la structure industrielle de l’aéronautique mondiale puisque la COMAC s’est associée en mai dernier avec le Russe United Aircraft Corporation (UAC) pour créer la CRAIC (China-Russia Commercial Aircraft International Corporation) basée à Shanghai dont le premier projet est la production conjointe d’un long courrier du niveau du B 787 (Dreamliner), à 280 sièges dont l’entrée en service est envisagée en 2025 ou 2027.

Alors que les premiers modèles seront probablement équipés de moteurs occidentaux, le consortium a l’intention de développer un moteur spécifique dont la première version pourrait être un modèle amélioré des moteurs de la série russe PD 35 (35 tonnes de poussée).

Commercialisation du C.919

La photo montre la cérémonie de présentation du C.919 à Shanghai, le 2 novembre 2015. Les deux slogans sur les banderoles rouges en arrière plan « 长期 吃苦 长期 奉献 – chang qi chi ku, chang qi fengxian – efforts acharnés et zèle du long terme » expriment clairement l’idée d’un objectif à atteindre coûte que coûte quel que soit le temps nécessaire.


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Quant à la commercialisation internationale des appareils chinois, elle dépendra de deux facteurs que les constructeurs et le régime chinois ne maîtrisent pas : les certifications et la confiance des compagnies aériennes. Pour l’heure, les autorités chinoises font preuve d’optimisme. Avant la visite en Chine de Donald Trump, l’aviation civile fédérale américaine avait accepté le principe d’une meilleure « reconnaissance réciproque » des appareils produits par les deux industries aéronautiques.

Le nouvel accord remplace le précédent datant de 1995 qui installait un déséquilibre où la Chine acceptait le principe d’une certification de tous les appareils américains, alors que les États-Unis n’avaient consenti qu’à la validation d’une vingtaine de petits appareils et de quelques pièces détachées.

Pour l’heure, à la date de fin décembre 2017, la COMAC a enregistré 771 commandes dont la presque totalité par des acheteurs chinois publics ou privés dont la majorité sont les compagnies aériennes grandes ou petites et des banques ou des sociétés de leasing toutes chinoises.

Depuis le dernier article de QC qui signalait la commande de 20 appareils – dont 10 fermes et 10 en options – par GE Capital Aviation Services, société de leasing américano-irlandaise n°1 mondial du secteur, aucune autre commande étrangère n’a été enregistrée.

La « glace combustible ».

Joie des marins chinois lors de la réussite de l’expérience d’extraction d’hydrate de méthane d’un gisement en mer de Chine du sud en mai 2017. Le Quotidien du Peuple a aussitôt relayé l’information en la reliant aux projets des routes de la soie sur un mode de partage généreux : « la technologie d’extraction sera transférée aux pays le long de la route maritime de la soie dans le but de favoriser l’intégration et le développement économique ».


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Enfin la dernière avancée technologique mentionnée par Xi Jinping est l’extraction 4 ans après le Japon, d’hydrates de méthane, résidus de décompositions organiques enfouis dans les sédiments marins, couramment appelés « glace combustible » car on les trouve aussi dans le sol gelé du « permafrost » des régions arctiques.

Selon le Ministère chinois des ressources minières, les réserves chinoises de « glace combustible » seraient de 80 milliards de tonnes équivalent pétrole – qui représenteraient 130 années de la consommation annuelle actuelle de la Chine (600 millions de tonnes) – accumulées dans deux gisements au nord de la mer de Chine du sud.

D’autres gisements pourraient être exploités sur le plateau du Qinghai. Selon le South China Morning Post une équipe chinoise a déjà extrait 230 000 m3 d’hydrates d’un gisement de mer de Chine du sud situé à 320 km au sud-est de Zhuhai

Pour les scientifiques de la planète la mise à jour de cette ressource à l’efficacité énergétique élevée pourrait changer la donne des problèmes d’énergie avec cependant les réserves que l’exploitation est plus difficile et qu’elle libère un gaz à effet de serre 20 fois plus polluant que le CO2.


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