Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Politique intérieure

Le Parti purge Bo Xilai

Quelques dessous de cartes.

• Un passé controversé

En 2007, selon un télégramme envoyé par le Consulat américain de Shanghai et révélé par Wikileaks, Wen Jiabao se serait opposé à la promotion de Bo Xilai au rang de Vice-premier ministre en raison des nombreuses mises en accusation aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume Uni, en Espagne, en Corée du Sud, aux Pays-Bas, en Russie, en Roumanie et en Pologne, dont celui-ci était l’objet pour les persécutions ordonnées contre les adeptes de Falungong (FLG). Les accusations font état de « viols collectifs, de tortures et de prélèvement d’organes sur des adeptes de la secte encore vivants ».

Le télégramme, également publié sur le site « China uncensored », faisait état d’une confidence de Luo Yi, représentant en Chine du groupe Carlyle, datée du 9 novembre 2007, qui affirmait que la mutation à Chongqing de Bo serait sa dernière et marquerait la fin de sa carrière politique. Pour Wen Jiabao, il était en effet dangereux de promouvoir une personnalité aussi exposée internationalement.

Les persécutions contre les membres de FLG, cautionnées par Bo Xilai sont exposées dans un article du journal Epoch Times.

• Une ascension politique trouble.

« China Uncensored » évoque aussi un article du site chinois Aboluo – non disponible - révélant les connexions entre Bo Yibo, père de Bo Xilai et Jiang Zemin ainsi que les luttes de pouvoir entre Qiao Shi et Jiang, entourant la promotion de Bo Xilai.

Après 1989, alors que les conservateurs tenaient le haut du pavé à Pékin, Qiao Shi de la mouvance réformatrice, dont la famille avait des liens lointains avec Chang Kai Chek, membre du Comité Permanent et Président de l’ANP fut écarté du pouvoir par Bo Yibo pour limite d’âge, au profit de Jiang Zemin qui, en retour promit d’appuyer Bo Xilai.

La connivence entre Jiang et Bo Yibo, au profit de Bo Xilai, devint encore plus étroite quand, en 1995, Bo Yibo aida Jiang Zemin, alors Secrétaire Général, à se débarrasser du maire de Pékin, Chen Xitong. Par une lettre adressée à Deng Xiaoping ce dernier révélait que le père de Jiang avait été un collaborateur des Japonais pendant la guerre.

Ainsi s’expliquerait la mansuétude du Parti envers les écarts de conduite des autres fils de Bo Yibo, convaincus de trafic de drogue et de corruption. Quant à Bo Xilai, il fut nommé vice-gouverneur du Liaoning en 1998 à 49 ans, peu de temps après sa deuxième nomination comme maire de Dalian. Un an plus tard il était refusé au Comité Central où il ne fut nommé qu’en 2004, quand il était ministre du Commerce.

• Qui voulait la peau de Bo Xilai ?

Une analyse de Radio Free Asia identifie au moins sept ennemis de Bo Xilai, dont 4 membres du Comité Permanent et un membre du Bureau Politique, à qui il faudrait ajouter Jiang Zemin et Zeng Qinghong.

Les premiers rivaux de Bo seraient ses deux prédécesseurs à la municipalité autonome de Chongqing, He Guoqiang et Wang Yang, dont la prestation a pu sembler bien pâle au regard de la tourmente policière et médiatique déclenchée contre la mafia par Bo Xilai en 2008. Si Wang Yang, actuel secrétaire général de Canton et membre du Bureau Politique n’est pas en position d’attaquer Bo, en revanche He Guoqiang, membre du Comité Permanent, à la tête de la puissante Commission de Discipline du Parti est idéalement placé.

Deux autres membres du Comité Permanent, le futur président Xi Jinping et son premier ministre Li Keqiang ont pu juger que les menées populistes d’un Secrétaire de Province, médiatique et séduisant, en lice pour une place au Comité Permanent, menaçaient leur pouvoir, et risquait même de perturber leurs trajectoires vers le sommet.

Quant à Wen Jiabao, il est, au Comité Permanent, l’adversaire le plus déclaré de Bo Xilai. « Aujourd’hui, il y a deux tendances qui bloquent l’expression de la vérité en Chine : l’héritage du féodalisme et le poison de la révolution culturelle ». Le projet politique de Bo était en effet à l’exact opposé de celui de la mouvance réformiste, dont Wen Jiabao fait sans cesse l’éloge.

A ces ennemis directs, Radio Free Asia ajoute Zeng Qinghong, qui fut un des plus ardents promoteurs de Xi Jinping en 2007, et Jiang Zemin qui pourrait vouloir se venger des pressions que lui avait fait subir Bo Yibo à partir de 1995 et presque jusqu’à sa mort en 2007.

Dans ces conditions les alliés de Bo, Jia Qinglin, Li Chanchun, Zhou Yongkang, Wu Bangguo qui défendaient son expérience politique à Chongqing, n’ont rien pu faire. Seul Zhou en charge des Affaires politiques et juridiques du Parti, qui avait fait de Bo Xilai son dauphin potentiel, serait intervenu. Une source américaine du consulat de Chengdu indique qu’après la tentative de défection de Wang Lijun, le 8 février dernier, Zhou aurait fait prendre directement le contrôle de l’appareil de sécurité de Chongqing, pour éviter que les enquêtes n’aillent trop loin.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Hong Kong : la défiance s’aggrave. A la détermination des émeutiers, Pékin répond par la menace militaire et suggère une fermeté inflexible

A Hong Kong, un anniversaire en feu

Xi Jinping : Centralisation du pouvoir et fragilités politiques

Le 4 mai, genèse du nationalisme chinois

Retour de flammes académique. Mise aux normes universitaire et contradictions marxistes