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Les réserves chinoises et les bons du trésor américains. La force des choses

2.- Economie. Finances

Dettes de la Chine

Début juillet, l’agence d’analyse financière Moody’s corporation estimait que la dette chinoise s’établissait à 36% du PIB – certains la situent à 50% - . Ce chiffre prenait en compte les dettes des provinces contractées par le biais d’agences financières locales, pour tourner l’interdiction faite aux administrations provinciales de lancer des emprunts.

Dans un remarquable essai de transparence – jusqu’à il y a peu la Chine avait nié ou laissé dans le flou les dettes des administrations locales -, le 27 juin le gouvernement publiait un rapport évaluant les dettes des provinces à plus de 1500 Mds de $. Les dettes, en partie non recouvrables, qui échappent au système bancaire sont devenues une préoccupation du régime.

Les fragilités de l’économie chinoise étaient confirmées par un audit du FMI en date du 21 juillet, qui reconnaissait également que la restructuration financière et le réajustement du schéma de développement « comportaient des risques et qu’ils devaient être menés avec prudence ».

Pékin, conscient des risques de défaut de paiement de plusieurs provinces, étudie des mesures d’urgence qui vont de l’arrêt complet des transferts de l’Etat central, mesure brutale qui avait déjà et mise en œuvre dans la douleur par Zhu Rongji, à l’effacement pur et simple des dettes, en passant par la privatisation des actifs publics – séduisant mais improbable en Chine -, ou encore l’autorisation accordée aux provinces de lever des fonds en lançant des emprunts, avec le risque de perpétuer ou d’aggraver la masse des dettes non recouvrables.

Même évalué au niveau de Moody’s, l’endettement de Pékin est nettement inférieur à celui des Etats-Unis (78,7% du PIB en 2010) ou de la France évalué à 82,3% du PIB. Au surplus à la différence de la France, l’endettement chinois est en grande partie interne.

L’agence Moody’s tire cependant la sonnette d’alarme expliquant que les banques chinoises, qui, en 2008 et 2009, ont prêté 8.500 milliards de yuans (1100 milliards de $) aux gouvernements locaux, « sont très fortement exposées ». Cette appréciation coïncide avec le retrait du fonds d’investissement singapourien Temasek qui vient de vendre 3,6 Mds de $ des parts qu’il détient dans la Banque de Chine et dans la China Construction Bank (CCB).

Mais ces retraits partiels sont aussi partie d’une stratégie de refinancement après les pertes subie par le fonds en 2008, à la suite des pertes enregistrées par Meryll Linch. La correction stratégique de Temasek qui a réduit ses engagements dans le secteur financier et replié 30% de ses engagements à Singapour a généré 43% de croissance en 2009.

S’il est vrai que les cotations à la bourse de Hong Kong des 2 banques chinoises ont accusé une baisse de 3,4% pour la Banque de Chine et de 2,9% pour la CCB, les actions mises sur le marché par Temasek ont trouvé preneur en moins de 2 heures, ce qui montre l’appétit des investisseurs asiatiques pour le marché financier chinois.

Bank of America vend des parts chinoises

En vendantm en dépit des perspectives de croissance chinoise, 8 Mds de $ de ses parts dans la China Commercial Bank (CCB) BofA révèle surtout ses besoins de liquidités. Depuis 2 ans elle a réussi à capitaliser par ce moyen prés de 30 Mds de $. Après la vente, BofA conserve toujours 9 Mds de $ de parts dans CCB.

Inflation, restriction du crédit

Début juillet 2011, la Chine a augmenté ses taux d’intérêt pour la 5e fois en 6 mois, signalant que la lutte contre l’inflation – évaluée à + 6,5% en juillet - restait une priorité, en dépit des signes de ralentissement de l’économie. En juin, Wen Jiabao concédait que l’objectif de contenir l’inflation à 4% en 2011 ne serait pas atteint et réajustait la cible à 5%.

Plusieurs experts prévoyaient cependant que la hausse des taux d’intérêt de juillet serait la dernière de l’année. Le gonflement des dettes des provinces, dont une partie n’est pas recouvrable, contractées par les gouvernements locaux pour des projets d’infrastructure et immobiliers, est une des raisons qui poussera le gouvernement à cesser de manipuler le taux du crédit, dont la hausse ajoute encore aux difficultés financières des administrations locales.

Il reste que même après une hausse de 3,5% du crédit, le rendement de l’épargne reste négatif, ce qui pousse les ménages qui en ont les moyens à se replier vers l’immobilier, une tendance lourde qui nourrit la hausse du prix des logements et les craintes d’une bulle immobilière nationale.


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