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›› Chronique

Livre Blanc sur la Défense entre ambiguïté et transparence

NOTE.

Arsenaux stratégiques. Emploi en premier et réduction des armes.

Pékin n’est pas seul à faire preuve d’ambiguïté stratégique. S’agissant de la première frappe ou du « non emploi en premier », les États-Unis et le Royaume Uni, entretiennent l’ambiguïté sur leur doctrine. Ils laissent en effet entendre qu’ils souscrivent à une stratégie du « no first use » , mais se disent en mesure de conduire « une guerre nucléaire limitée ».

La Chine, un pays dont la profondeur stratégique est comparable à celle du Continent européen, affirme d’emblée dans sa doctrine qu’elle ne frappera pas des Etats non atomiques et qu’elle ne sera pas la première à engager le feu nucléaire.

Quant à la Russie, elle a renoncé à la doctrine de « non-emploi en premier », mais s’est ralliée à une stratégie anti-forces, frappant les forces ennemies, mais pas les populations civiles. La France, dont le territoire n’a pas la même ampleur, et dont les capacités classiques sont réduites, ne s’est jamais risquée à de telles promesses.

Quoi qu’on en dise, sa doctrine d’emploi, qui spécule sur une dissuasion capable de prévenir une attaque par la seule existence de son arsenal nucléaire, est ambiguë, puisqu’elle dit renoncer à la fois à la stratégie anti-forces et aux frappes anti-cités.

Enfin, tous les arsenaux nucléaires de la planète sont sous le coup d’une jurisprudence de la Cour Internationale de La Haye (1996) selon laquelle « l’emploi ou la menace d’emploi d’armes nucléaires sont d’une façon générale contraires au règles du Droit international ». Cette formulation ambigüe ne concluait certes pas au caractère illicite de la menace d’emploi ou de l’emploi de l’arme nucléaire en situation extrême de légitime défense, mais selon le commentaire de plusieurs experts, elle les plaçait juridiquement « en sursis ».

Dans le même temps la Cour précisait qu’il existait une « obligation légale pour les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine de négocier un traité de désarmement global bannissant la totalité des armes nucléaires ».


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