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Systèmes de santé chinois : clés de décryptage

Professeur associé à PSE (Paris School of Economics) et chercheur au CNRS Carine Milcent (voir ses publications) était à Shanghai en mai 2014, pour un colloque sur les hôpitaux chinois et la réforme du système de santé. Voir : 2014 Shanghai Forum, Carine Milcent "Hospital Behavior and Employment"


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L’article qui suit, remarquable synthèse de l’offre de santé chinoise et de ses défis est paru dans le n°27 – Printemps – Eté de la revue du CNRS en Chine sous la direction d’Antoine Mynard qui tient avec talent le tableau de bord de la coopération scientifique franco-chinoise.

Les photos et leurs commentaires sont proposés par QC.

Un système de santé décentralisé.

L’offre de santé reste hétérogène et mal financée par des fonds publics. Les factures pour les patients peuvent être très différentes en fonction et des zones rurales ou urbaines ou d’une province à l’autre.


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Contrairement aux idées reçues, la structure du système de santé chinois est décentralisée.

Si les grandes orientations sont centralisées, le budget ainsi que les modalités de mise en applications sont très souples et offrent un tableau très divers. De façon schématique, imaginez qu’à Marseille, vous ne payez que pour tous les soins hospitaliers lourds comme pour des soins en cancérologie mais qu’à Lille, vous ayez à payer presque l’intégralité.

En contrepartie, vous avez la gratuité des soins de ville. Considéreriez-vous qu’il s’agisse du même système de soins ? Dans les grandes lignes, c’est ainsi qu’est structuré le système de santé chinois.

Budgétairement, les ressources du système de santé proviennent de taxes locales. Ainsi, les provinces ont un budget à la hauteur de leur richesse et une prise en charge de l’offre de soins également à la hauteur de ce budget. Les différentes réformes du système de santé n’ont jusqu’à présent jamais été dans le sens d’une remise en cause de sa décentralisation.

Entreprendre de décrire le paradigme économique du système de santé chinois et son évolution ses dernières années permet de définir le cadre dans lequel nous nous situons. Comme la plupart des autres pays, la Chine se situe dans un modèle de système de santé mixte entre pro-marché et pro-État providence.

Les réformes entreprises depuis l’ouverture économique du début des an- nées quatre-vingt ont successivement indiqué des oscillations plus marquées dans un sens ou un autre [1] La conférence de fin 2008 et les réformes qui ont été annoncées en avril 2009 ont illustré l’absence de consensus entre une politique pro-marché et une politique pro-État pour la gestion des hôpitaux chinois.

Dès 2003, et de façon plus perceptible à partir de 2009, un certain nombre de réformes ont été mises en place afin de favoriser l’accès universel à des soins de base. Il s’agit d’une couverture publique de santé, d’amélioration des soins primaires, de la définition d’un panier de soins de base et son accès à tous. Toutes ces mesures vont dans le sens d’une politique pro-État providence.

A l’inverse, en 2013, à la suite du 18e Comité Central du parti Communiste Chinois, les réformes énoncées favorisent l’investissement privé dans les hôpitaux, impliquant la privatisation des établissements publics. Ces réformes semblent être en faveur d’une politique à idéologie pro-marché pour les établissements hospitaliers.

Les orientations du 13e plan quinquennal (2016-2020) portent à la fois sur l’assurance santé avec un objectif de couverture universelle pour 2020 et le développement des services de santé privés incluant la santé numérique, le développement d’assurances privées de santé ainsi qu’une plus grande uniformisation des systèmes d’information médicale pour une meilleure transmission entre parties concernées.

Ceci montre que le « bien santé » ne peut plus être défini aujourd’hui comme intégralement public tel que ce fut le cas avant les réformes économiques des années 80. Toutefois, il ne peut être non plus considéré comme privé comme cela pouvait être globalement le cas, à des exceptions près, au début des années 2000.

Notes :

[1Yip,W and W. Hsiao. 2015. What Drove the Cycles of Chinese Health System Reforms ?, Health SystemsReform, 1(1), 52-61.


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