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Les responsables des compagnies aériennes, mis sur la sellette par ce surgissement dans le ciel chinois de querelles au parfum occidental, aggravées par la croissance rapide du marché chinois (d’ici 2010 l’Aviation Civile Chinoise ouvrira plus de 700 nouveaux vols) ont d’abord nié le problème, puis hésité à prendre des sanctions. Il semble cependant que plusieurs responsables de China Eastern Yunnan aient été relevés de leurs fonctions, tandis que les pilotes auraient été mis à pied, sur intervention des autorités de l’Aviation Civile chinoise.
Mais l’affaire n’est pas simple. Le marché intérieur explose et donne naissance à de nombreuses compagnies privées qui surpayent les pilotes pour recruter les meilleurs à la sortie des formations et pratiquent de sévères dumpings sur le prix des billets - ce qui gène beaucoup les grandes compagnies d’Etat - . Pour les pilotes, parfois éblouis par des offres très alléchantes, la bascule d’une compagnie à l’autre n’est cependant pas aisée. Après leur formation, ils signent en effet un contrat d’exclusivité de 99 ans et doivent payer des compensations qui dépassent 200 000 euros en cas de départ. Une rigidité qui est peut-être à la racine des frustrations.
Toute cette effervescence renvoie à la situation très tendue du marché des pilotes qualifiés en Chine : selon les prévisions officielles, d’ici deux ans la flotte de l’aviation civile chinoise, qui tente de s’adapter à l’explosion du marché, devrait compter plus de 1.000 appareils supplémentaires, ce qui accroîtra encore la pression sur la ressource en pilotes et les besoins en formation, dont les spécialistes doutent qu’elle sera en mesure de répondre à la demande, prévoyant pour 2010 un déficit de 3000 pilotes.
