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A huit mois du 20e Congrès, douleurs et ajustements de la « stratégie-forteresse » de « zéro-covid »

Équipes de testeurs à l’œuvre dans une rue de Shanghai à la mi-mars 2022.


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Depuis la mi-mars, deux années après la déclaration de « victoire » du Président Xi Jinping sur le virus et 25 mois après le décès du Dr Li Wenliang, l’ophtalmologue lanceur d’alerte harcelé par la police du régime en pleine occultation de la pandémie (lire : Covid-19 : La démocratie, l’efficacité politique et l’attente des peuples et Affaibli à l’intérieur, le parti redore son blason dans le monde), le pouvoir chinois est confronté aux conséquences de sa stratégie « Zéro Covid ».

Même s’il a récemment introduit un aménagement de souplesse, la tentation du confinement massif reste toujours le premier réflexe.

Alors que les pays jusque-là les plus sévèrement contrôlés, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du sud et même le Japon, eux aussi aux prises avec la persistance des contagions portées par de nouveaux « variants » défiant les épidémiologistes, ont progressivement relâché leurs politiques d’éradication complète du virus, Pékin ne se détourne pas de sa stratégie initiale dérivée du choix de mise en quarantaine générale, inaugurée en janvier 2020 à Wuhan.

Les pouvoir publics persistent au moment où, même la R.A.S de Hong Kong, ayant pourtant, le 11 mars dernier, battu le record mondial des décès journaliers par million d’habitants à 39 décès - en augmentation rapide depuis le bilan de QC du 27 février, dernier record, où ils étaient à 11 par million -, a elle-même jeté l’éponge de l’extinction complète et accepté de vivre avec le virus. Lire : Explosion épidémique à Hong Kong.

Contaminations limitées et réaction inflexible.

Le graphe publié par Our World in Data montre clairement que, par rapport à aux voisins et à la Nouvelle-Zélande, la nouvelle vague de contaminations frappant la Chine (en vert, tout en bas du graphe) est d’une faible intensité.


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En Chine, l’augmentation réelle du nombre de nouvelles contaminations déclarées (– + quelques dizaines milliers, le 15 mars, chiffre dont l’exactitude reste à vérifier) mais minuscule au regard de la population et, en tous cas, notablement inférieure par rapport à celui des pays ayant accepté un allègement des mesures collectives d’isolement (au 31 mars : +320 000 en Corée du sud ; +60 000 en Australie ; +15 300 en Nouvelle-Zélande), traduit une crispation du pouvoir.

Les racines de cette rigidité où perce une inquiétude, sont d’abord à rechercher dans les souvenirs cuisants des ratés de 2020 ; ensuite dans le fait que l’appareil développe un discours assimilant le succès du contrôle de la pandémie à la supériorité de son système politique des « caractéristiques chinoises », comparé à celui qu’il juge « chaotique » de l’individualisme occidental, incapable de cohésion, gage d’efficacité collective.

Le 15 mars dernier, le pays avait confiné 30 millions de personnes, au milieu d’une campagne de tests massifs menés par des équipes en scaphandre étanches qui rappelaient les campagnes du début de la pandémie. La stratégie de fermeture hermétique de foyers dispersés dans tout le pays qui s’ajoute à la persistance des contrôles aux frontières, a isolé le pays et semble dessiner les limites de la stratégie.

Parmi les résidents de la dizaine de villes dans 18 provinces, notamment Shenzhen, Shenyang, Jilin, Changchun, tout ou partie mises sous cloche, dont certains maires et leurs administrations ont été sanctionnés, commence à monter une exaspération, tandis qu’une centaine de vols intérieurs des lignes de Shanghai et de Pékin ont été détournés.

La dernière décision rendue publique le 27 mars de confiner Shanghai, le poumon économique du pays par quartiers en deux séquences, alors qu’aucun ajustement de la stratégie de Zéro-covid n’est envisagé, contribue à augmenter l’impatience publique.

Des informations font état de heurts entre partisans du confinement strict et ceux qui considèrent que les mesures sont excessives. Parmi eux, les malades atteints d’autres affections ou leurs parents pour qui l’accès à l’hôpital et même aux urgences est devenu impossible.

La nervosité prend racine dans l’incohérence que la majorité des 30 000 cas de Shanghai asymptomatiques ou bénins, sont tout de même hospitalisés, provoquant l’engorgement du système de santé.

Sur les réseaux, depuis quelques jours, on peut lire les plaintes des familles dont un parent atteint ou non d’une maladie chronique, est décédé faute des soins.

Pour l’instant cependant l’intransigeance reste la règle.

Lors d’une réunion récente du Bureau politique, Madame Sun Chunlan, n°12 du régime et Vice premier ministre, en charge de coordonner la réponse à l’épidémie, déclarait que la stratégie qui serait poursuivie « sans hésitation », devrait constituer la priorité des gouvernements locaux et le « premier objectif du pays ».


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