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癌症村 Aizheng Cun. Les villages du cancer

SOCIETE – BREVES (1).

Pollution. Six secteurs industriels dans le collimateur.

A partir du 1er mars les centrales thermiques, les aciéries, les cimenteries, les industries métalliques et chimiques devront se conformer à des normes d’émissions plus drastiques dans 47 villes chinoises, a annoncé le ministère de l’environnement Zhou Shengxian.

La nouvelle direction politique réagit ainsi à la mauvaise réputation du pays de pollueur n°1, encore aggravée par 4 séries catastrophiques pour la qualité de l’air à Pékin, en janvier. Rappelons que selon la Banque Mondiale, 16 des 20 villes les plus polluées du monde sont en Chine ; que le pays est aujourd’hui le plus gros émetteur de gaz à effet de serre. L’origine de la pollution de l’air est multiple. Selon un rapport de Greenpeace du 18 décembre, les voitures comptent pour 6% dans la pollution du pays et le charbon pour 19%.

La consommation chinoise de charbon (1,5 Mds de tonnes en 2000, 3,9 Mds de tonnes en 2012) représente 90% de la consommation totale de la planète (4,3 Mds de tonnes en 2012). Une mesure serait à l’étude pour limiter la consommation à 4 Mds de tonnes. Une taxe carbone est en gestation, dont la valeur serait au départ très modeste (1,60 $ la tonne), pour évoluer vers 8 € en 2020.

Mais selon l’Académie du Planning environnemental, pour que la mesure soit efficace il faudrait une taxe à 8 $ la tonne au départ, allant vers 12 $ en 2020. Nombre d’analystes estiment que la taxe sera essentiellement supportée par les industries exportatrices et in fine, par les clients des produits chinois exportés.

Réforme rurale et urbanisation.

Début février, le gouvernement a lancé un des programmes les plus complexes qui soit en Chine, devant durer 5 années, pour un coût estimé à 16 Mds de $. Le projet, qui a commencé à Yangwang dans l’Anhui et étendu à d’autres zones rurales de la province consiste, avec l’appui de satellites de positionnement, à « cadastrer » les parcelles rurales avec précision (en moyenne 1 hectare par famille, elles-mêmes divisées en plusieurs parcelles) pour attribuer des titres de propriété, chaque fois que possible.

Le but est également de préparer le remembrement des milliards de parcelles trop petites - dans la seule province de l’Anhui on compte 1 million de parcelles de moins d’1 Mu (666 m2) -, afin de favoriser la location des terres par les familles et les collectivités à des investisseurs, plus portés à investir sur de plus larges surfaces, faciles à mécaniser. Pour l’instant, les ruraux, dont le droit de propriété est mal assuré, éprouvent toujours des difficultés à hypothéquer leurs biens pour obtenir des prêts bancaires, même si cette possibilité leur est offerte en théorie.

Depuis 2003, année où les paysans ont été exemptés de taxes, les efforts du pouvoir en direction des campagnes sont substantiels. Les dernières statistiques officielles tendraient à montrer que les écarts de revenus entre villes et campagnes sont au moins stabilisés. En 2011, ils étaient de 3,13, contre 3,33 en 2009.Toujours selon le gouvernement, 29 des 31 provinces ont annoncé qu’en 2012, les revenus des ruraux avaient augmenté plus vite que ceux des citadins.

De fortes disparités existent cependant entre les régions agricoles riches du sud de la Chine, ou à Hainan, où un famille peut enregistrer des revenus allant jusqu’à 7000 $ annuels et vivre de ses exploitations agricoles, et celles des régions déshéritées où la subsistance repose sur le travail en usine d’un ou plusieurs membres de la famille. Mais ces perspectives risquent elles aussi de se tarir avec la montée en gamme qualitative du secteur industriel qui, de plus en plus, recherche des qualifications plus élevées que celles offertes par des villageois sans formation.

Toutes les statistiques chinoises et étrangères estiment que, d’ici 2020, 400 millions de ruraux auront émigré vers les villes. Plus de 25% d’entre eux feront partie de la nouvelle classe moyenne. A ce rythme, en 2025, la Chine comptera 1 milliard de citadins et 8 mégalopoles de plus de 20 millions d’habitants.

Perspectives des très riches. Les Sociétés d’Etat sous surveillance.

Selon un rapport publié courant janvier de l’agence de recherche Wealth-X, basée à Singapour, les 11 245 très riches Chinois auraient accumulé une fortune supérieure aux PIB cumulés de la Corée du Sud et de Taïwan (1700 Md de $ contre 1100 Mds de $). Le document confirme également que la plupart des fortunes ont été construites à partir des actifs des 140 000 entreprises publiques et banques d’état qui continuent de dominer l’économie.

Selon le rapport, en 2013, le courant d’enrichissement, basé sur les enchevêtrements de la politique et des affaires devrait continuer et ajoutera 1000 nouveaux noms à la liste des très riches. Le nombre d’avions privés pourrait doubler, et les dépenses de luxe de chaque Chinois appartenant à la catégorie des très riches atteindra en moyenne 500 000 $. Ce qui représente plus de 100 fois le salaire annuel moyen d’un médecin débutant et 6 fois celui d’un Directeur exécutif d’une grande entreprise chinoise.

Des études sont en cours pour réduire les inégalités. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Récemment le Bureau National des Statistiques a publié une circulaire pointant du doigt les écarts de revenus et l’enrichissement illégal, « alors que les masses continuent à vivre dans des conditions difficiles ».

Avant le 18e Congrès, le Parti avait laissé entendre qu’il reprendrait la réforme des sociétés publiques, continuant l’oeuvre de Zhu Rongji, laissée en plan par le binôme Hu Jintao – Wen Jiabao. La crise mondiale et la relance chinoise en 2009 avaient encore contribué à renforcer le pouvoir des grands groupes et des banques d’Etat.

De fait, le 5 février, le gouvernement a rendu publique une réforme encore timide des taxes payables par les groupes publics, qui devraient augmenter de 5% d’ici 2015. La mesure s’inscrit dans l’effort pour accroître la contribution des sociétés d’Etat, véritables féodalités, au financement des réformes sociales. L’annonce officielle a également évoqué l’augmentation des contrôles appliqués aux grands monopoles d’état, tels que les sociétés pétrolières, « pour mettre fin à l’appropriation des actifs publics par des particuliers ».

Enfin, les taxes aux produits de luxe, à la propriété, aux transactions immobilières et aux successions, dont certaines sont expérimentées dans plusieurs provinces – la taxe à la propriété est en cours d’évaluation à Shanghai et Chongqing-, mais qui heurtent de plein fouet de nombreuses prébendes, tardent à être étendues ou appliquées à tout le pays.


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