Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Chine - monde

Chine-Etats-Unis. Chronique d’un désastre

Retour de D. Trump. Guerre de tranchées et malentendus.

Revenu au pouvoir en janvier 2025, D. Trump est en réalité confronté aux conséquences (dettes, déficit commercial, désindustrialisation, transferts de technologies) de l’élan prochinois des hommes d’affaires américains. A partir de 2008, ces derniers furent directement victimes de la volte-face nationaliste de Pékin exacerbée par Xi Jinping.


*

La réélection de D. Trump investi le 20 janvier 2025 pour un deuxième mandat, dont il vient d’apparaitre que l’un des axes principaux sera la rivalité avec la Chine de Xi Jinping, est en réalité le point d’aboutissement d’une trajectoire de durcissement anti-occidental de la Chine.

Ses ferments sont à l’œuvre depuis le milieu des années quatre-vingt-dix quand l’appareil, effrayé par la chute de l’URSS a progressivement durci sa posture pour se protéger de la stratégie de « regime change » analysée par Pékin comme une pression existentielle contre la prévalence politique du Parti.

Les antagonismes se sont exacerbés quand, à la priorité stratégique américaine basculée en 2011 par Barack Obama vers le Pacifique Occidental, Pékin a opposé son vaste projet de contournement planétaire de l’Amérique par les « Nouvelles Routes de la soie », sans oublier de rallier son environnement proche en créant en 2017, un partenariat de libre échange régional 区域 全面经济伙伴 关系 协定 (Sigle anglais RECEP- pour Regional Comprehensive Economic Partnership - ).

Ripostant au brutal retrait de l’Amérique du « Trans Pacific Partnership » décidé par D. Trump en mars 2017, il comprend 29 pays, dont plusieurs proches de Washington, comme le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Philippines.

Pour autant, la vendetta anti-chinoise tous azimuts de D. Trump doit être mise en perspective.

S’il est exact que la relation sino-américaine reste dominée par les visées impériales explosives de Pékin en mer de Chine du sud et dans le Détroit de Taiwan, auxquelles même « l’Amérique MAGA » ne peut rester indifférente, la vérité oblige à dire que les déficits commerciaux et la désindustrialisation dont se plaint D. Trump ne sont que les effets indésirables du piège du libre-échange que l’Amérique libertaire de Reagan avait tendu à la Chine dans les années quatre-vingt, en espérant que l’ouverture affaiblirait le monopole du Parti.

Il s’est produit l’inverse. Dans la foulée de Deng Xiaoping, que le monde entier avait vu, invité par Jimmy Carter à Houston en 1979, coiffé d’un Stetson de cowboy, la Chine que Washington courtisait pour creuser une fracture stratégique entre Pékin et Moscou, a laissé libre cours à son impressionnant sens des affaires qui fut, avec son goût de l’entreprise, à la racine de sa montée en puissance.

Plus encore c’est depuis l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001, dont Bill Clinton avait fait la promotion face aux réticences du Congrès jugeant que Pékin ne remplissait pas les conditions d’accès, que le déficit commercial des États-Unis qui consomment plus qu’ils ne produisent, a explosé de 83 Mds de $ en 2000 à 295 Mds en 2024.

En même temps, aux États-Unis, le monde des affaires fasciné par l’ampleur potentielle du marché chinois et attiré par le faible coût de la main d’œuvre, indiquait clairement, d’abord à l’administration Clinton, puis à celle de son successeur, George W. Bush, que le commerce avec la Chine était sa priorité absolue.

Après les événements de Tian An Men du 4 juin 1989 qui marquèrent un sérieux hiatus dans la relation sino-américaine, plus de 600 entreprises américaines ont fait pression sur la Maison Blanche pour accorder à la Chine le statut de Partenaire Commercial Normal Permanent (Sigle anglais : PNTR). Ce fut chose faite en 2000 après de houleux débats à propos des droits de l’homme à la Chambre.

Mais le vent a tourné.

Peu après l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping le monde américain des affaires a commencé à comprendre que la situation en Chine allait changer. Le plan Made in China 2025 fixa les nouvelles règles du jeu de l’absolu contrôle par l’État des secteurs clés.

Et même si la situation exigeait d’abord que Pékin continue à acheter des composants de haute technologie aux Américains, il devenait clair que les achats seraient mis au service de puissants groupes nationaux chinois dont l’objectif était de supplanter leurs concurrents étrangers.

Attirés en Chine par l’attrait du marché ces derniers n’y eurent cependant accès qu’a la condition de céder leurs secrets technologiques à leur partenaire chinois d’une JV spécialement créée pour réguler et absorber les transferts.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

A Pékin, la bascule du monde. Après D. Trump, voici Poutine

« Auto China 2026 », une démonstration de force des marques chinoises

Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères. Mise au ban de l’esprit de nuance pro-occidental

Friedrich Merz à Pékin. Douze ans après Angela, l’improbable deuxième souffle de la « Lune de miel. »

Face au désordre de Trump, Xi Jinping en majesté