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Scott Bessent secrétaire d’État au Trésor et He Lifeng, 何立峰 nº13 du BP, proche de Xi Jinping Vice-Premier ministre en charge de l’aspect international des questions économiques, financières et commerciales. Le 30 juillet, après un échange visioconférence avec Bessent dans le cadre de la préparation à la visite de Xi Jinping à Washington le 24 septembre, constatant l’intention de D.Trump d’infliger de nouvelles taxes à la Chine, He a exprimé de sérieux doutes sur la volonté d’apaisement de Washington.
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Alors que Pékin et Washington sont tous deux convaincus d’avoir à œuvrer pour un apaisement de leur relation, seule manière d’éviter une escalade stratégique incontrôlable dont les effets seraient dévastateurs pour eux-mêmes et le reste de la planète, l’attention se fixe sur l’échéance de la visite d’État de Xi Jinping aux États-Unis, officiellement prévue le 24 septembre.
Mais, confirmant une fois de plus l’écart entre les espoirs et les meilleures volontés, la préparation du voyage de Xi Jinping se brouille de sérieux parasitages révélant la force des lourdes défiances à fleur de la surface policée des bonnes volontés diplomatiques.
Le 30 juillet Pékin a émis de sérieux doutes sur la bonne volonté américaine par la voix de He Lifeng, un des plus proches amis de Xi Jinping (Lire sa bio au 13e rang du BP https://www.questionchine.net/membres-du-20e-bureau-politique ), après un échange avec le Secrétaire d’État au Tresor Scott Bessent qui était assisté de Jamieson Greer.
Droits de douane.
Contrairement à ce qu’espérait Pékin, D.Trump n’a pas abandonné sa stratégie des taxes imposées aux explorations chinoises aux États-Unis pour résorber le déficit commercial américain.
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La partie chinoise reproche à l’administration Trump d’avoir décidé le 28 juillet - 48 heures avant l’échange téléphonique entre He et Bessent -, d’interdire l’exportation en Amérique de nouveaux robots et onduleurs de fabrication chinoise, invoquant des menaces pour la sécurité nationale des États-Unis et des vulnérabilités au sein de la chaîne d’approvisionnement.
Ce n’est pas tout, au cours de la semaine du 20 au 24 juillet, et quelques heures seulement avant l’expiration de la taxe temporaire généralisée de 10 %, infligée pour 90 jours aux exportation chinoises en avril 2025, l’administration Trump avait déjà annoncé des droits de douane portés à 12,5% visant la Chine et 59 autres économies en vertu de la section 301 de la loi sur le commerce de 1974 (Trade Act of 1974) en raison des allégations du travail forcé des Ouïghour.
Pour faire bonne mesure, une autre enquête ratissant large cherche les causes du déficit commercial américain (78 milliards de $ pour le seul mois de mai 2026- soit au bas mot en projection pour 2026 850 Mds de $ - Ce qui serait un progrès par rapport a 2025 où il était à 1240 milliards de $). A cet effet, toujours au titre de la section 301, Washington examine également les capacités industrielles excédentaires dans 16 économies, dont la Chine continentale, Taïwan, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Mexique, l’Union européenne et plusieurs pays d’Asie du Sud-Est.
A ces menaces douanières l’ambassade de Chine à Washington avait réagi avec aigreur exhortant les États-Unis à « abandonner leur mentalité hégémonique et à cesser de dénigrer et de menacer de sanctions les entreprises chinoises. »
Toutefois, des sources proches du dossier avaient indiqué qu’après la rencontre de 90 minutes entre Marco Rubio et Wang Yi à Manille, lors du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN du 18 au 24 juillet, il était peu probable que ces restrictions économiques compromettent la visite prévue de Xi Jinping aux États-Unis ou même affectent la volonté partagée d’apaisement de la relation.
Pour Marco Rubio qui affichait peut-être un optimisme de façade, les deux parties travaillaient à l’établissement d’une commission conjointe pour le commerce et l’investissement dont l’idée avait été évoquée lors de la visite de D.Trump en Chine à la mi-mai. La nouvelle structure bilatérale avait pour but d’identifier des secteurs et des produits non sensibles éligibles à un mécanisme d’échange sans droits de douane, plafonné à 30 milliards de dollars américains de part et d’autre.
Mais, le 26 juillet, dans ce paysage routinier des récriminations américaines sur le déficit commercial périodiquement enflammé par les menaces sur les droits de douane, a surgi une confirmation à la portée stratégique autrement plus subversive.
Ventes de missiles chinois à l’Iran. Démenti chinois.
En vendant des missiles portables à l’Iran, la Chine cède, en calculant les risques au plus juste, à sa longue histoire de proximité avec Téhéran. En même temps, bravant son habituelle prudence stratégique, elle met le doigt dans une situation régionale explosive dominée par les puissantes émotions nihilistes du Chiisme iranien et la répulsion des pays arabes sunnites.
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Reprenant une information de CNN qui, en avril 2026 avait rendu public un renseignement de la CIA, le 28 juillet, l’agence REUTERS révélait que Pékin se préparait à fournir à l’Iran pour 65 millions de dollars entre 300 et 400 missiles antiaériens portables (MANPADS de type QW-12 et FN-16) et tentait de dissimuler l’origine des livraisons en les faisant transiter par des pays tiers.
Le point de départ de cette assistance directe en pleine bataille serait Urumqi d’où les armes seraient acheminées par voie aérienne vers l’Iran en passant par le Pakistan.
L’accord aurait été signé par l’intermédiaire de Zhongqing Baoshang International Investment, une société basée à Hong Kong et liée a un donneur d’ordres lui-même basé à Pékin ; Toutefois - c’est le fond des arguments du déni chinois - le fabricant chinois n’a pas été identifié et en l’absence de documents attestant les transactions, aucune des deux entreprises n’a confirmé son rôle contractuel présumé.
La Chine s’est donc empressée de nier l’information. Qualifiant les allégations de « totalement infondées », elle affirme avoir « constamment œuvré pour la fin du conflit et pour promouvoir la paix ». D. Trump qui semble croire à ses services s’est déclaré déçu par Xi Jinping qui, en mai à Pékin, lui avait assuré que la Chine ne vendrait jamais d’armes à l’Iran.
Soudain, la sage mais fragile posture au-dessus de la mêlée de deux puissances responsables comptables de la paix du monde que les deux adoptaient depuis la séquence vertueuse de « diplomatie des jardins » à Zhongnanhai il y a deux mois a volé en éclats, remplacée par une insistante défiance devenue impossible à dissimuler.
L’un et l’autre sont retournés dans le sillage de leur histoire, D. Trump en appui de Tel Aviv. Xi Jinping à ses préférences iraniennes. Existant déjà du temps du Shah, elles se sont renforcées avec la révolution islamique et la guerre Iran-Irak jusqu’au tournant du vaste accord de partenariat stratégique et de coopération commerciale signé en 2020 entre Pékin et Téhéran.
Sur le rapprochement stratégique Chine - Iran, lire https://www.questionchine.net/la-chine-peut-elle-contourner-l-amerique-par-l-iran
L’avenir dira si les ventes par Pékin de missiles à Téhéran, rupture de la parole donnée par Xi Jinping, ont le potentiel de faire dérailler la fragile trajectoire d’apaisement en amont de la visite de Xi Jinping à Washington le 24 septembre. D’ores et déjà la nouvelle a ouvert la porte à une escalade des sanctions américaines dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne sont pas propices à la sérénité diplomatique.
Le plus préoccupant est que l’épisode renvoie brutalement à la surface le fond des contentieux sur lesquels la posture d’apaisement n’avait jeté qu’un voile précaire et passager. Vus de Chine : la rivalité stratégique dans le Pacifique ; la présence oppressante des troupes américaines aux portes de la Chine, au Japon en Corée, et dans le Pacifique, aux Philippines et à Guam ; et, cœur emblématique des contentieux, le soutien de Washington aux rebelles taïwanais.
