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Au demeurant, le Président Hu avait quelques raisons d’être serein sur cette question, puisque Bill Gates, l’emblématique Président de l’Empire Microsoft, lui-même une des principales victimes des contrefaçons chinoises [1], qui recevait à sa table le Président chinois à Seattle, le 18 avril dernier, avait jusqu’à présent fait preuve d’une étonnante patience. L’heure est peut-être venue pour lui d’en récolter les dividendes.
Le Président Hu avait en effet pris soin de se faire précéder aux Etats-Unis par la Vice-Premier Ministre WU YI, la Dame de fer chinoise, souvent mise en première ligne sur les questions délicates [2]. A sa manière, à la fois directe et ferme, elle a beaucoup contribué à désamorcer les tensions commerciales, d’autant que son discours était assorti de substantielles commandes chinoises (on a avancé le chiffre de 15 milliards de dollars) à Boeing, Texas Instrument, IBM, Motorola, tandis que l’épineuse question des droits de propriété recevait un début de solution avec l’accord d’achat par la Chine de 1,2 milliards de dollars de logiciels à Microsoft qui seront montés directement sur les ordinateurs fabriqués en Chine.
Mais avec les Etats-Unis, les controverses les plus sensibles restent celles de la question taïwanaise et du système politique chinois (droits de l’homme, démocratie) que Washington presse Pékin de faire évoluer. Les deux questions sont au demeurant liées, puisqu’au-delà des postures nationalistes du parti indépendantiste, c’est au nom de la différence entre les systèmes politiques à Taiwan et en Chine que toute la classe politique de Taipei, soutenue par Washington, résiste aux incessantes pressions de réunification de Pékin.
Aux attaques qui stigmatisent l’absence d’état de droit et les atteintes aux libertés individuelles, la Chine répond désormais par un discours à connotation culturelle de plus en plus affirmé.
Note(s) :
[1] Les copies de logiciels Microsoft cont vendus à moins d’un euro sur les trottoirs de Zhongguancun, le quartier high-tech de Pékin, proche des grandes universités.
[2] En 2003, en pleine crise du SARS, elle avait repris de manière impromptue les rênes du ministère de la santé après la révélation brutale que Pékin avait caché l’ampleur de l’épidémie, faisant naître de graves suspicions dans les rangs des spécialistes de l’OMS en poste à Pékin.

