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En Europe de l’Est et à Berlin, Li Keqiang manœuvre pour désamorcer la crainte du « péril jaune »

NOTES de CONTEXTE
L’Allemagne et le gaz russe.

50% du gaz, 40% du pétrole et 30% du charbon consommés par l’Allemagne viennent de Russie. (Moins que les « 60% à 70% » avancés par D.Trump, mais tout de même une proportion significative). Il y a plus.

En 2012, matérialisant la dépendance directe de l’Allemagne à la Russie, la mise en service du pipeline « Nord Stream » reliant la Russie à l’Allemagne par la Baltique, sans intermédiaire et en évitant l’Europe Orientale, dessine à lui seul une fracture géopolitique. D’une capacité de 55 Mds de m3 par an qui sera portée à 110 Mds de m3 en 2019 par un doublement des conduites, « Nord Stream » a encore augmenté la capacité d’influence de Moscou sur Berlin.

Enoncée brutalement par Trump, cette vérité heurte la sensibilité des utopistes d’une Europe solidaire appuyée par la solidarité allemande. La réalité est qu’en période de tensions avec Moscou ce couloir direct d’approvisionnement de l’Allemagne par la Russie contournant la Pologne qui en nourrit un profond ressentiment, complique les relations de Berlin à la fois avec la Russie et avec l’Europe orientale.

Au passage, le Président américain, lui-même accusé de connivences affairistes avec Moscou est ravi de voir qu’Angela Merkel est empêtrée dans les mêmes contradictions que lui. Cet arrière-plan explique les tensions de la politique étrangère allemande sur ce théâtre résumées par le président allemand Frank-Walter Steinmeier « il y a trop de choses en jeu pour que l’Allemagne considère Moscou comme un ennemi ».

Les stratégies chinoises en Europe de l’Est.

16 pays européens font l’objet de attentions particulières de la Chine qui les réunit régulièrement dans des sommets « 16 +1 ». Il s’agit de la Bulgarie, de la Croatie, de la République Tchèque, de l’Estonie, de la Hongrie, de l’Estonie, de la Lituanie, de la Pologne, de la Roumanie, de Slovaquie, de la Slovanie, de la Slovaquie, tous membres de l’UE auxquels s’ajoutent l’Albanie, la Bosnie, la Macédoine, le Montenegro et la Serbie qui n’en font pas partie.

Après avoir été accusé de fomenter le projet de fracturer l’Europe que Li Keqiang a explicitement nié dans un discours à Sofia au cours d’une conférence commune, le 6 juillet avec le premier ministre bulgare Boyko Borissov, Pékin a décidé de réduire la fréquence des sommets.

Pour autant, même si les investissements chinois dans cette zone ne comptent que pour 14 Mds de $ du total engagé en Europe (près de 40 Mds de $ -) soit 14%, le soupçon d’ingérence géopolitique demeure si on considère que les pays du schéma « 16 +1 » comptent parmi eux nombre de promoteurs d’un système de « démocratie libérale » confondant la justice et l’exécutif, les éloignant sensiblement des canons du droit occidental pour (toutes proportions gardées) les rapprocher de l’autoritarisme du système chinois.

La crainte d’une fracture provoquée par Pékin a encore été attisée par Viktor Orban, déclarant que « la Chine pouvait être une alternative à Bruxelles ». Le premier ministre hongrois en poste depuis 2010, critiqué par Bruxelles pour ses réformes constitutionnelles visant à concentrer le pouvoir aux mains de son parti, s’est aussi récemment signalé pour avoir, en juillet 2016, avec Athènes refusé de cautionner une déclaration de l’UE sur la caractère illégal statué par la Cour de La Haye, des avancées de Pékin en Mer de Chine du sud.

*

Le fait est que malgré la faiblesse relative de ses investissements en Europe Centrale et Orientale, Pékin dont les groupes publics contrôlent 10% des capacités portuaires de l’Europe, a, par ses concessions et ses promesses, réussi à augmenter son influence politique sur les marches sud et orientales de l’Europe.

Tandis que, dans ces régions, l’UE est critiquée pour n’avoir pas réussi à canaliser les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures de transport et d’énergie, au cœur des projets des « nouvelles routes de la soie », devenus l’emblème des stratégies extérieures de la Chine, les Tchèques et les Yougoslaves pourraient se mettre en travers du mécanisme européen de contrôle des investissement chinois dont le 28 mai dernier le parlement a, à une écrasante majorité, élargi la liste des secteurs sensibles auxquels, la Chine ne devrait pas avoir accès.

Ajoutons qu’en avril dernier, Li Keqiang avait reçu à Pékin Alexander Van Der Bellen, président fédéral de la République d’Autriche, accompagné du Chancelier Sebastian Kurz, membre du parti populaire autrichien, devenu à 31 ans le plus jeune chef de gouvernement de la planète, élu en décembre 2017, sur un programme économique libéral, centre-droit, très conservateur et nationaliste (ses adversaire le classent à l’extrême droite), dont la popularité attisée par la crise migratoire augmente en Allemagne.

Ayant accueilli Poutine à Vienne en juin dernier, l’Autriche qui importe du gaz russe par Gazprom depuis un demi-siècle est parfois considérée en Europe comme le pays pouvant intercéder en faveur de Moscou allié de Pékin, pour l’allègement des sanctions occidentales.


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