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›› Chronique

Huawei au cœur de la riposte technologique haut-gamme de Pékin

Souple et pragmatique, Huawei ne lâche rien.

Avec HarmonyOS Next qui pilote SparkLink, Huawei crée un écosystème connectant les téléphones, les montres, les tablettes et les commandes des maisons intelligentes.


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Alors que le long terme de la relation avec les marchés occidentaux n’est pas pour autant sacrifié. et que le groupe entretient des centres de R&D en France, en Allemagne et au Royaume Uni, cultivant en même temps des liens académiques avec les universités et les ingénieurs occidentaux, la vérité est que nous sommes face à une stratégie de rupture enveloppée dans une apparence de bonne intelligence conviviale.

Le déploiement massif de la version 100% indépendante Harmony OS NEXT qui s’affranchit des systèmes Google, Android et Windows se concentre en priorité sur le marché asiatique, tandis qu’en Occident le groupe a resserré ses offres à des produits où le système d’exploitation a moins d’importance tels que les montres connectées et les équipements périphériques, écouteurs, haut-parleurs, casques, imprimantes, scanners et souris.

En réalité l’apparition de la technologie NEARLINK ou SPARKLINK est la dernière manifestation de la riposte menée par Huawei. Elle utilise les techniques SLE (SparkLink Low Energy) calibrée à la très basse consommation pour une version modernisée de Bluetooth et le mode SLB (Sparklink Basic) qui modernise Wi-Fi en augmentant son débit et la réactivité immédiate des commandes.
Les progrès sont importants.

Les nouveaux équipements qui consomment jusqu’à 60% d’énergie en moins que les équipements traditionnels, réduisent la latence à 20 microsecondes, créant un avantage décisif pour les jeux vidéo, les études utilisant l’ingénierie virtuelle, le contrôle industriel de précision ou la conduite automobile sans chauffeur.

Plus encore, leur usage multisectoriel touche aux smartphones, aux casques audios, aux souris, aux claviers, aux tablettes, aux commandes des « maisons intelligentes » et à l’automatisation des lignes d’assemblage industrielles équipées d’une robotique de pointe.

Le 14 août dernier, un article de Jeroen Groenewegen-Lau publié par l’Institut MERICS qui appelait à réagir en urgence, mettait le doigt sur les risques posés par les nouvelles capacités technologiques d’intrusion de la nébuleuse Huawei en Europe.

Menaces sur l’Europe.

Alors qu’entre 2020 et 2024, plusieurs pays européens dont le RU, la France et l’Allemagne avaient prononcé un embargo sur les équipements 5G de Huawei, le Groupe revient plus discrètement par le truchement de la connectivité courte distance en proposant par SparkLink des améliorations substantielles aux connections BlueTooth et Wi-Fi.


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En substance, la mise en garde souligne que « moins de dix ans après les risques liés aux capacités d’intrusion de Huawei dans les réseaux d’infrastructure télécoms 5G, les innovations technologiques des périphériques Sparklink menacent de rendre les entreprises et les consommateurs européens toujours plus dépendants de la Chine bien avant que leurs régulateurs ne réagissent. » (…)

Autrement dit l’Europe riposte mal aux initiatives hautes technologies de l’État chinois qui étendent leur champ d’action à des domaines sensibles qui vont de la robotique à l’aérospatiale en passant par la gestion des appartements connectés et la modernisation de Wi-Fi et BlueTooth.

L’identification des risques est sans équivoque.

Les technologies liées à SparkLink ne sont pas un simple progrès technique. Elles pénètrent le marché européen via les espaces des équipements périphériques connectés, infiniment plus discrets et plus décentralisés que la 5G. A mesure que leur usage se développe, la nouvelle stratégie d’intrusion chinoise se précise.

Sa dynamique qui n’est pas locale, s’inscrit dans le contexte plus large de la rivalité technologique croissante et de découplage entre la Chine et les États-Unis, dont SparkLink qui vise à la souveraineté numérique, est la conséquence technologique directe.

L’innovation surgit au milieu des efforts chinois déjà anciens pour établir des normes nationales indépendantes pour son GPS national baptisé Beidou, pleinement opérationnel depuis 2020, ses réseaux mobiles, son BlueTooth et son système Wi-Fi, baptisé « Wapi ».

L’étape suivante de la riposte conduite depuis 2020 par la nébuleuse numérique pilotée par Huawei fonctionne à l’instar de l’approche circulaire laissée en héritage par le PDG Ren Zhengfei. Elle vise, in fine, à l’adoption internationale des normes chinoises.

Actuellement concentrée sur le marché chinois, la stratégie qui n’a de cesse de s’étendre plus largement, cherche à propager son système d’exploitation affranchi de Google en créant des regroupements technologiques et en faisant la promotions des ses propres protocoles en marge des standards mondiaux.

Déjà en 2020, l’International SparkLink Wireless Short Range Communication Alliance (iSLA), était une alternative aux standards occidentaux pour le Wi-Fi et les communications sans fil à courte portée. Le qualificatif « International » était un trompe-l’œil. Sa direction opérationnelle restait ancrée en Chine, enregistrée auprès du ministère des Affaires civiles chinois.

Par une étape qui fut clairement un indice de sa dilatation hors de Chine, en 2025, l’iSLA annonçait que plus de 100 millions d’appareils compatibles avec NearLink avaient été livrés, soutenus par plus de 1 200 membres de l’alliance, 600 produits et plus de 300 cartes de développement de puces et de modules facilitant la création de nouveaux produits.

La même année, l’iSLA créait une antenne japonaise. En mars 2026, elle lançait le programme de partenariat « NearLink ou SparkLink - Europe » qui, comme au Japon, ciblait le secteur automobile.

Parallèlement, Huawei cherche à faire reconnaître sa technologie comme une norme mondiale, notamment par l’intermédiaire de l’Union internationale des télécommunications (UIT) rattachée à l’ONU. Prudemment, la marche circulaire vers l’internationalisation est cette fois plus consensuelle. Pour éviter les contrefeux, elle ménage l’interopérabilité avec le BlueTooth et le Wi-Fi classiques.

Il reste que les risques liés à l’intrusion du Parti Communiste chinois dans les systèmes numériques occidentaux n’en sont pas pour autant évacués.

Dans sa conclusion MERICS rappelle que, pour tenir à distance les risques liés à NearLink, l’UE dispose des lois sur les réseaux numériques et sur la cyber-résilience qu’il lui suffirait d’appliquer.

Plus encore, malgré l’opposition de Pékin, Bruxelles devrait maintenir et faire voter son amendement à la loi sur la cybersécurité qui classe les outils de connectivité embarquée à courte portée dans la catégorie des éléments de sécurité critiques, susceptibles d’analyse et d’enquêtes avant installation.

La mesure teindrait à distance les risques de cyberespionnage, de collecte des données et d’intrusion hostile dans les chaines s’approvisionnent par les équipements fabriqués en Chine.


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