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›› Chronique

Le grand-écart d’Olaf Scholz en Chine

Note de contexte.


2e visite de Li Hui en Europe (3 au 11 mars 2024)

Contrairement à sa première mission en mai 2023, qu’il avait débutée à Kiev, Li a cette fois commencé par Moscou où il a rencontré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Galuzine. Il s’est ensuite rendu à Bruxelles, Varsovie, Kiev, Berlin et Paris.

Organisé juste après le deuxième anniversaire du déclenchement de la guerre en Ukraine, la mission avait clairement pour objectifs de rappeler qu’il existait un « plan » chinois pour trouver une fin politique à la guerre. S’il est probable que Li Hui avait conscience que ses propositions de médiation ne pouvaient être acceptées, son objectif réel était de rallier l’appui du Sud global en présentant Pékin comme une puissance pragmatique, cherchant à négocier un cessez-le-feu rapide.

L’essentiel était pour lui de faire contraste avec l’agressivité américaine qui, en prenant partie, y compris au Moyen Orient, nourrit les conflits au lieu au lieu de les apaiser.

Le voyage fut également l’occasion de faire connaître à l’Europe et à l’Ukraine les conditions russes pour mettre fin à la guerre et de faire pression en faveur d’un « compromis » avec la Russie.

Conscient qu’un accommodement avec l’agresseur russe pouvait à la fois saper la cohésion de l’Union européenne et affaiblir les relations transatlantiques, les responsables de l’UE, de la Pologne, de l’Allemagne et de la France ont répondu de manière cohérente en soulignant la nature existentielle pour l’UE du conflit avec la Russie et leur engagement à aider l’Ukraine.

Pour exprimer sa réticence à négocier et à faire des concessions à la Russie, l’Ukraine a présenté à Li Hui sa propre évaluation de la situation du pays et du front. Au cours de sa visite les officiels de Kiev lui ont notamment montré les restes d’un missile nord-coréen abattu et d’autres équipements provenant de « pays tiers » - probablement des drones iraniens - utilisés par la Russie pour attaquer l’Ukraine.

La délégation chinoise a également été invitée à considérer le crime des enlèvements d’enfants ukrainiens et les risques d’accident à la centrale nucléaire de Zaporizhzhia occupée par l’armée russe. En même temps, Kiev a exhorté Li Hui à relayer à Pékin la nécessite de faire pression sur Moscou, seul geste capable de restaurer la confiance de Kiev envers une médiation chinoise.

En dépit de sa proximité avec Moscou, Li Hui ne bénéficie pas non plus de la confiance des Russes à la fois mal à l’aise face au discours de Pékin sur l’inviolabilité des frontières et inquiets que la médiation chinoise réussisse.

Au total, la mission de Li Hui qui n’a pas toujours été reçu à haut niveau et à laquelle Pékin conscient de ses faibles chances de succès, n’a fait aucune publicité, n’a eu aucun effet direct sur le conflit.

Liste des officiels rencontrés par Li Hui.

A Moscou : Mikhaïl Galuzine, vice-ministre russe des Affaires étrangères.

A Bruxelles : Niclas Kvarnström, directeur général du Service européen pour l’action extérieure pour l’Asie et le Pacifique, et Michael Siebert, directeur général pour la Russie, le Partenariat oriental, l’Asie centrale, la coopération régionale et l’OSCE.

Li a également eu une réunion séparée avec Simon Mordue, conseiller principal en politique étrangère du président du Conseil européen.

En Pologne : Władysław Teofil Bartoszewski, secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères.

À Kiev, où, contrairement aux autres étapes, il a, comme à Bruxelles, été reçu au meilleur niveau, Li s’est entretenu avec Andriy Yermak, chef du cabinet du président ukrainien ; Yuliya Svyrydenko, vice-Première ministre et ministre de l’Économie ; et Dmytro Kuleba, ministre des Affaires étrangères.

A Berlin : Thomas Bagger, secrétaire d’État au ministère fédéral des Affaires étrangères.

A Paris, sa dernière étape : Jonathan Lacôte, directeur général adjoint chargé des affaires politiques et de la sécurité au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.


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