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Percées technologiques de la fin d’année 2019

La ligne TGV Pékin Zhangjiakou site des JO d’hiver de 2022 (174 km) a été mise en service le 30 décembre. Comportant 2 voies, la ligne autorise une vitesse maximum de 350 km/h entre Badaling et Donghuayuan (30 km). Au départ de Pékin dans la direction de Changping la vitesse est, selon les tronçons, limitée à 80, 160 ou 200 km/h. Le reste de la ligne autorise une vitesse maximum de 250 km/h. Il s’agit de la première ligne à grande vitesse sans pilote au monde.


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Les derniers jours de l’année 2019 ont coïncidé avec une suite d’annonces attestant des progrès rapides de la Chine dans les domaines de l’espace, des voitures et des trains rapides à conduite automatique.

Ces nouvelles avaient été précédées par une autre, le 23 décembre dernier, venant des universités de Bristol au Royaume Uni et de l’Université Technique du Danemark à laquelle étaient associés 7 chercheurs chinois sur la « première téléportation quantique » entre deux puces informatiques (voir la Lettre publiée par Nature Physics).

Selon ses termes, la lettre « rapportait la téléportation quantique des informations d’un microprocesseur à un autre » faisant la démonstration de « l’intrication » des particules subatomiques. Elle concluait : « notre travail jette les bases de technologies quantiques photoniques intégrées à grande échelle pour les communications et les calculs. »

A cette recherche qui trace la voie à la mise au point d’un ordinateur quantique, étaient associés Yan-Jun Qian, Yan Li, Yun Feng Xiao, Gong Qihuang du laboratoire de Physique mésoscopique de l’Université de Pékin, Zhou Xiaoqi du département d’optronique de l’Université Sun Yat-sen à Canton, Wang Jianwei, département de Physique de l’Université de Bristol au Royaume Uni. Lire : La Chine à la pointe de la physique quantique ?

Retour de la fusée Longue Marche 5.

Avant le lancement, l’arrivée de l’ogive contenant le satellite Shijian-20, le plus lourd jamais lancé par une fusée chinoise. Il emporte à bord une plateforme DFH-5 ayant la capacité de télécom 5.G à haute vitesse et à haute capacité.


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Le 30 décembre, deux années après les tentatives manquées de 2017, une fusée Longue Marche 长征 Chang Zheng 5 mise à feu au pas de tir de Wenchang à Hainan, mettait en orbite le satellite expérimental Shijian-20 pesant 8 tonnes, le plus lourd et le plus avancé des satellites jamais lancé par l’agence spatiale chinoise.

Après les informations sur la mise au point du programme de positionnement Beidou, la nouvelle signifie qu’après avoir résolu les problèmes moteurs du 1er étage et amélioré l’architecture de la fusée, la Chine s’est dotée d’un lanceur dont la capacité d’emport maximum est de 25 tonnes selon les missions [1].

Le succès ouvre la voie à la poursuite des projets spatiaux d’envergure que sont la station spatiale chinoise, les liaisons vers la Lune et l’exploration de Mars. 3 ans après le 1er vol inaugural d’une Longue Marche 5 en 2016, l’événement est l’occasion de faire le point des programmes spatiaux chinois.

Après l’alunissage de Chang’e-4 sur la face cachée de la Lune en décembre 2018 (lire : Exploration de la face cachée de la lune.), et un an plus tard, les progrès décisifs du système de positionnement Beidou (lire : « Beidou » le GPS chinois devient « global ».) dont la phase finale a été accélérée par le lancement de 10 satellites en 2019, Pékin a rendu publiques les premières images 3D du dernier né des satellites d’observation de la terre Gaofen 高分 7 à haute résolution mis en orbite en novembre.

Depuis le démarrage du programme spatial chinois, il y a 50 ans, les fusées Longue Marche ont effectué 323 lancements dont 60 durant les deux dernières années, avec 96% de réussite. En 2020 la Chine prévoit de lancer sa première sonde vers Mars et d’entamer la 3e phase de son programme lunaire avec le lancement de Chang’e 5 chargé de collecter des échantillons du sol de la face cachée.

La fusée Longue Marche 5B constitue également le principal outil de construction de la station spatiale chinoise (Tianhe 天和) déjà en cours avec Tiangong 1 et 2 mis en orbite de 2011 et 2016 ; le véhicule de transport Tianzhou 天舟 (lire : Tiangong 1, la station expérimentale chinoise entre dans l’atmosphère et Shenzhou 10 et Tiangong 1, dernier arrimage. Quelle coopération avec la Chine ?) est le cargo spatial modulable capable d’arrimage automatique qui, depuis avril 2017, assure la liaison avec la station spatiale.

La phase en cours pourrait prendre fin avec la mise en orbite basse de la station modulable expérimentale (Wentian 问天) prévue en 2021. Une fois terminée, mais la Chine n’en restera pas là, la station spatiale chinoise pèserait entre 80 et 100 tonnes. Sa taille, voisine de la station russe Mir, volontairement détruite en 2001, sera 1/5 de la taille de station internationale.

Véhicules et trains sans chauffeur.

Essais de voiture sans chauffeurs à Canton par la start-up chinoise Pony, l’un des premières sociétés à se lancer dans les voitures sans chauffeurs avec Baidu. Ses performances, mesurées à la fréquence des désengagements de l’automation sont encore loin de celle de Waymo de Google. Quand Waymo désengage l’automation tous les 17,8 km, Pony’ai doit la couper tous les 1,6 Km.

La société KPMG International a classé les pays (pdf) en appréciant leur préparation à un monde de véhicules sans chauffeur. Les critères sont : 1) la législation, 2) le niveau technologique, 3) l’infrastructure, 4) le degré d’acceptation des consommateurs. En tête : Les Pays Bas, Singapour et les États-Unis. Le Royaume Uni et l’Allemagne sont 5e et 6e. La France est 13e. La Chine 16e.


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Le 31 décembre, Xinhua annonçait que la municipalité de Pékin avait augmenté de 40 km2 la zone de la capitale réservée aux essais de véhicules sans chauffeur avec passagers à bord et équipés d’enregistreurs de données. Au total 111 routes ou rues d’une longueur totale de 300 km sont consacrés aux essais. En 2022, la distance atteindra 500 km.

A ce jour 6 villes ont autorisé des tests avec passagers à bord dans les périphéries de Pékin, Shanghai et Canton.

Enfin, toujours le 31 décembre, on apprenait qu’une ligne TGV sans pilote avait été ouverte sur les 180 km du trajet entre Pékin et Zhangjiakou, lieu des JO d’hiver de 2022. Entrée en service le 30 décembre, la ligne met Pékin à 47 minutes du site olympique à une vitesse maximum de 350 km/h. Première liaison TGV sans pilote au monde, dont les concepteurs disent qu’elle est équipée de la 5.G, la ligne a coûté 5 Mds d’€. Sa construction a duré 4 ans.

Au total la Chine dispose de 35 000 km de lignes TGV (2800 km en France.)

Extrait du site Omio Les trains à grande vitesse, définis comme des trains circulant à une vitesse égale ou supérieure à 200 km/h, ont été créés pour la première fois par les japonais. Ainsi, au début des années 60, le Japon a été le premier pays à construire des voies ferrées à très grande vitesse.

Vingt ans plus tard, La France a été le premier pays à adopter le TGV sur le continent européen. Aujourd’hui, la Chine dont les voies sont les plus longues et la vitesse moyenne d’exploitation commerciale la plus rapide (350 km/h contre 320 au Japon et en France) domine le classement tous pays confondus.

De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis planifient d’élargir leur réseau. Le pays compte seulement 55 kilomètres de voies ferrées pour trains à grande vitesse sur son territoire : l’Acela Express circule entre Washington D.C. et Boston jusqu’à une vitesse de 240 km/h.

Notes :

[1La Longue Marche 5 est une fusée à 2 étages capable de mettre une charge de 25 tonnes en orbite basse, de 14 tonnes en orbite géostationnaire et de transporter 8 tonnes sur le trajet Terre – Lune. Ses nouvelles performances d’emport doublent celles des lanceurs précédents. Rappelons que pour les missions Apollo, le lanceur américain Saturne V plaçait 140 tonnes en orbite basse (dernier vol en 1973). La charge utile de la fusée européenne Ariane V est de 21 tonnes.


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