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Theresa May à Pékin. Les inconvénients du Brexit, l’impotence européenne et la puissance chinoise

Le Royaume Uni affaibli par le Brexit.

Il est un fait que les 9 Mds de £ (10 Mds d’€) d’accords conclu lors du voyage de Theresa May ne tiennent pas la comparaison avec les 40 Mds de £ (45 Mds d’€) enregistrés lors du déploiement d’apparats de l’automne 2015. Le fond des accords non plus. Avec, en arrière plan, l’intention évidente de dénoncer la « folie du Brexit », laissant Londres désemparé face au « risque chinois », glosant sur la vanité d’une stratégie cherchant à compenser les déficits de la sortie de l’UE par un rapprochement avec Pékin, le journal a beau jeu d’insister sur la pauvreté des résultats obtenus par Londres.

Hormis la promesse britannique d’examiner les conditions d’un accord commercial bilatéral dont Liam Fox, le ministre du commerce a lui-même dit qu’il était peu vraisemblable même à moyen terme, la plupart des annonces publiques de Downing Street étaient concentrées sur des accords hors de la sphère économique directe touchant à l’éducation, à la culture et à l’environnement.

Parmi eux, une campagne pour la promotion de l’Anglais, la promesse de lutter contre le trafic d’ivoire, les droits de retransmission de séries TV concédés par la BBC, à quoi s’ajoutèrent l’engagement chinois accordé comme une compensation de courtoisie, de reprendre les importations de viande de bœuf anglaise et le projet d’exploitation conjointe d’une mine de calcaire dans la région de Tianjin, seul projet industriel envisagé lors du voyage.

*

Le reste de l’article qui prit parfois la forme d’un réquisitoire, était un long regret du déficit de cohésion européenne face à la Chine. Stigmatisant aussi l’attitude de Londres - Camerone et Osborne son chancelier de l’échiquier, ayant, avant le Brexit, tenté de jouer comme l’Allemagne, une partition solitaire en Chine -, l’auteur concluait que la rupture avec Bruxelles avait gravement affaibli la capacité britannique à faire jeu égal avec Pékin dans les négociations.

Le Guardian estima aussi que le déséquilibre de puissance ne pouvait pas être compensé par la résistance de Theresa May. Pour se démarquer des enthousiasmes de l’équipe Camerone, elle tarda en effet à donner son accord aux projets nucléaires franco-chinois de Hinckley Point. Se méfiant des arrières pensées d’influence stratégique du projet des nouvelles routes de la soie et, alignée sur les positions des États-Unis, de l’Australie, de la France, de l’Allemagne et de l’UE, elle éluda aussi les requêtes chinoises pour un mémorandum de soutien par Londres.

Rien n’y fit. L’article, soucieux de démontrer que le temps où les Européens pouvaient faire cavalier seul en Chine est révolu, insista au contraire sur la capacité de pression commerciale de Pékin et l’exigence de cohésion politique européenne. Ce n’est pas la première fois que sonne un appel à plus de solidarité européenne sur le marché chinois.

En 2009 déjà, l’Anglais John Fox et le Français François Godement, deux éminents sinologues, avaient signé un article désignant les vulnérabilités européennes, l’incohérence des politiques nationales et les cacophonies des stratégies du « tapis rouge » où les capitales, toutes persuadées de bénéficier d’une relation privilégiée, rivalisent de séductions pour s’attirer les bonne grâces de Pékin. Lire : Chine Europe. Le vent tourne.

Cette fois, le Guardian, tout à sa démonstration, chercha même à toucher la fierté nationale britannique en soulignant les péripéties du voyage où perça une certaine condescendance chinoise.


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