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Hsiao Bi-khim. Photo d’archives CNA.
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Du 10 au 12 septembre, la vice-présidente Hsiao Bi-khim 蕭美琴 - Xiāo Měiqín - et le ministre des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, 林佳龍 - Lín Jiālóng - ont assisté à la conférence pour la liberté et la démocratie organisée dans l’île italienne de Ventotene qui a réuni des personnalités européennes militant contre l’autoritarisme.
Hormis ces deux figures taïwanaises, cette année les participants les plus remarqués furent Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères, la députée italienne Lia Quartapelle, et le Sénateur Filippo Sensi, plusieurs Italiens députés européens en exercice, Yulia Navalnaya, dissidente russe et veuve de l’opposant Alexeï Navalny ; Tsikhanouskaya, cheffe de l’opposition biélorusse en exil ; Oleksandra Matviïtchouk, activiste ukrainienne des droits de l’homme et lauréate du prix Nobel de la paix 2022 ;
On y a aussi remarqué Valérie Hayer, Présidente du groupe politique « Renew Europe » au Parlement européen ; Gianni Vernetti, ancien sous-secrétaire italien aux Affaires étrangères ; Et Antonio Talia, journaliste d’investigation et auteur, qui, en poste à Pékin durant sept ans, avait notamment enquêté sur les opérations de blanchiment d’argent entre l’Italie et Hong Kong.
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Affiche de la table ronde autour de Hsiao Bi-khim sur la démocratie a Taïwan, le 11 septembre. Les autres participants au « pannel » étaient Pina Picierno : Gianni Vernetti : Ancien sous-secrétaire d’État italien aux Affaires étrangères et auteur. Antonio Talia : Journaliste et spécialiste de l’Asie.
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Arrivée discrètement (1) pour ménager la susceptibilité souverainiste de Pékin qui n’accorde à Taiwan qu’un espace international restreint et strictement codifié par l’appellation « China Taipei » rappelant son appartenance à la Chine, Hsiao a été accueillie par Pina Picierno, une des 14 Vice-Présidents du parlement européen, fervente européiste, membre du parti démocrate de centre gauche et opposante résolue à Georgia Meloni qu’elle accuse de populisme.
Alors que la spectaculaire île touristique de Ventotene située à 50 nautiques au large de Naples dans l’archipel des Pontines, est surtout connue pour son manifeste antifasciste de 1941, devenu, l’un des ferments du fédéralisme européen exprimé à l’époque par Altiero Spinelli and Ernesto Rossi, assignés à résidence dans l’Ile par Mussolini, l’objectif de Hsiao Bi Khim et sa suite était clairement d’adresser à Pékin un message d’émancipation politique.
Leur présence à la conférence affirmait par contraste avec le Continent, leur attachement à la démocratie au milieu de responsables européens partageant les mêmes valeurs ; Elle visait aussi, en dépit des pressions du Continent, à rompre l’ostracisme diplomatique infligé à l’Île et dit Hsiao dans son intervention qui visait Pekin, « à participer au soutien solidaire des peuples libres face aux pressions géopolitiques des dictatures »
Note
1.- La précaution était illusoire. Dès le 9 septembre, la Chine a vivement protesté auprès de Rome et de Bruxelles pour dénoncer cette visite à laquelle elle attribue (à tort) un caractère officiel, d’une responsable taïwanaise de haut rang qu’elle a par le passé déjà traitée « d’Indépendantiste radicale. »
Vu de Pékin, l’événement pourtant organisé en marge de Bruxelles par une structure non gouvernementale a été considéré comme une rupture de l’habituelle discrétion des Taïwanais qui ménagent les relations Chine-UE compliquées par de nombreux dossiers sensibles.
Bien que les ministres taïwanais des Affaires étrangères voyagent à l’étranger, il est en effet rare qu’une personnalité d’un rang aussi élevé que la vice-présidente se rende dans des pays entretenant des liens avec Pékin, par crainte des représailles contre les intérêts du pays hôte en Chine.
Mme Picierno, a estimé que la visite de de Hsiao était « un très important message ». Le 11 septembre , tout en dénonçant les tentatives d’ingérence chinoise, elle a fermement répondu aux protestations de Pékin « Personne ne peut décider qui est accueilli à Ventotene et qui ne l’est pas ».
Bien que, contrairement à ce que Pékin laisse entendre, l’initiative n’ait pas été celle de l’exécutif à Rome, il n’en reste pas moins que la conférence s’est déroulée sur le sol italien. Et, pour l’appareil chinois insensible à la nuance public-privé à ce niveau international, ce n’est pas la première fois qu’une initiative d’un pays de l’UE crée des tensions entre Pékin et Bruxelles à propos de Taïwan..( Lire l’épisode de tensions entre Pékin et Vilnius en 2021. https://www.questionchine.net/la-lituanie-sous-le-feu-de-la-vindicte-chinoise-a-propos-de-taiwan.)