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La croissance ralentit. L’inflation faiblit. Pékin relâche le contrôle monétaire

Signes de ralentissement de l’économie.

La mesure intervient alors qu’apparaissent des signes de décélération de l’économie avec, en novembre, pour la première fois depuis trois ans, un ralentissement de l’activité industrielle qui, selon les analystes est appelé à s’amplifier dans les mois qui viennent. Les rapports officiels signalent un freinage de la croissance dans 23 provinces. Le record de décélération est enregistré à Pékin avec seulement 8% de croissance pour les 9 premiers mois de l’année.

Selon l’OCDE, la contraction de l’économie devrait se poursuivre en 2012 avec une croissance estimée à 8,5%, (en mai l’estimation de l’OCDE était de 9,5%). Le Conseil des Affaires d’état explique le ralentissement au 3e trimestre par une chute des exportations et des investissements qui s’ajoutent à l’assèchement préoccupant du crédit. Selon lui, ces tendances ont continué au 4e trimestre.

La correction de trajectoire que les autorités financières du pays viennent d’opérer, accompagnée par une réduction des taxes aux entreprises et un essai de réforme de la TVA, est aussi motivée par les effets pervers de la réduction du crédit qui touchent plus particulièrement les petites et moyennes entreprises – 65% à 70% des emplois du pays - , avec un nombre importants de faillites et le retour des circuits parallèles de crédit et les usuriers, avatars néfastes d’un système financier rigide. (Voir notre article Wenzhou saisie par le doute).

Mais en dépit des récentes contractions (en octobre les ventes ont chuté de 39%, et les prix immobiliers ont baissé dans plus d’un tiers des grandes villes), la crainte qui persiste des effets pervers sociaux et politiques de l’envolée des prix des logements a conduit le Premier Ministre à ne pas relâcher le contrôle du secteur immobilier : « le gouvernement ne faiblira pas dans ses intentions de contrôler le marché immobilier et de ramener les prix des logements à un niveau raisonnable ».

Le symptôme de ralentissement fait à nouveau resurgir des craintes d’un accident économique, par des observateurs qui soulignent les dettes publiques des provinces et des municipalités, les désordres industriels, les écarts de revenus, les pressions sur les salaires dans le sud et la persistance de la bulle immobilière – un appartement de 90 m2 à Shanghai coûte 45 fois le salaire annuel moyen -.

Ces défis financiers, économiques, industriels, sociaux et politiques pèsent sur le pouvoir, dans le contexte général de l’urbanisation accélérée du pays – la population des villes a augmenté de 150 millions depuis 2003 et le taux d’urbanisation du pays est passé de 40,5% en 2003 à 49,9% en 2010 –. Ils font dire à Michael Pettis, vétéran de Wall Street, professeur de gestion à Beida après avoir enseigné à Qinghua de 2002 à 2004, que « les nécessaires réformes du schéma de développement auxquelles la Chine doit maintenant s’atteler auront de vastes conséquences sur la situation du pays ».


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