›› Economie
• Guerre commerciale avec les Etats-Unis.
Le ministère du commerce chinois a annoncé le 22 novembre qu’il allait effectuer une enquête sur les subsides accordés par certains états américains aux fabricants de panneaux solaires. La mesure vient en réponse à une accusation de dumping sur les mêmes produits lancés par les Etats-Unis contre la Chine.
Selon un cabinet de recherche de Hong Kong, l’affaire est politique puisque, s’il est vrai que les panneaux solaires chinois ont commencé à envahir le marché américain depuis 2009 – 1,5 Mds de $ importés contre 640 millions en 2009 -, les Etats-Unis ont en 2010 encore enregistré un excédent commercial plus de 3 Milliards de $ dans ce secteur.
• Rejet d’un projet chinois en Islande.
Le 25 novembre, le gouvernement islandais a rejeté le projet de Huang Nubo, riche président d’un fond d’investissement qui avait mis sur la table 8 millions de $ pour acheter une ferme et 300 km2 de terres dans le Nord-est de l’Islande, où il avait l’intention de construire un terrain de golf et un hôtel. Le 29 novembre, Huang se plaignait dans le China Daily que les « Occidentaux qui réclamaient l’ouverture du marché, fermaient le leur aux investissements étrangers ».
• Investissements chinois en Europe.
Le 22 novembre, Wang Yiming vice directeur du Centre de Recherche de la Commission Nationale pour la Réforme et Développement expliquait au forum Chine – UE à Bruxelles que la Chine préférait investir directement dans des entreprises en Europe au lieu d’acheter de la dette souveraine. « L’économie européenne a besoin de sang neuf, mais pas sous forme de transfusion » a-t-il déclaré.
Le 22 décembre 2011, le gouvernement portugais annonçait que la compagnie d’état chinoise des Trois Gorges avait remporté l’appel d’offres lancé par EDO-Energias de Portugal, dans le cadre des mesures de privatisation des actifs de l’état, en faisant une offre de 3,51 Mds de $ pour 21% des parts de la société publique portugaise. L’Allemand E.ON AG et le Brésilien Centrais Eletricas Brasileiras SA avaient également répondu à l’appel d’offres.
C’est la première fois qu’une société chinoise procède à une acquisition significative des parts d’une société publique du sud de l’Europe. L’opération offrira à la société chinoise un accès aux parts de EDO – Energias dans le secteur des énergies renouvelables et de l’énergie hydroélectrique au Brésil, où la Chine alourdit son action depuis plusieurs années. Consulter : http://www.questionchine.net/l-inflation-s-incruste-la-bourse-et-les-banques-faiblissent-l-immobilier-tient-le?artpage=8-10
Récemment une autre société portugaise implantée au Brésil, Galp Energia SGPS SA a vendu 30% de ses parts d’une de ses unités brésiliennes pour 5,1 Mds de $ à China Petrochemical Corp. L’intérêt de la Chine pour le Portugal s’explique aussi par les liens de Lisbonne avec l’Afrique, notamment l’Angola, son 2e fournisseur de pétrole, et le Brésil.
La Chine détient entre 500 et 600 Mds d’€ de dettes souveraines (sur ce point les Etats membres ne font preuve d’aucune transparence). Il semble cependant que la situation de la zone euro ne rassure pas les fonds souverains chinois. Même si Pékin a, à plusieurs reprises, affirmé sa disponibilité à aider l’UE, les actions concrètes se font attendre.
En investissant dans des compagnies privées européennes, comme Volvo, les entreprises chinoises recherchent un apport technologique. Quant à l’Etat chinois, il recherche un levier d’influence, la reconnaissance par l’UE du statut d’économie de marché et la levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes.
Selon une étude récente, rédigée par Françoise Lemoine pour l’IFRI, « les flux d’investissements chinois dans l’UE27 en 2009 et 2010 publiés par Eurostat ont été respectivement de 356 et 1203 millions de dollars (…) Un constat s’impose : les investissements directs de la Chine en Europe ont été jusqu’à présent très faibles.
Pour la Chine, l’Europe ne compte que pour 5% dans le stock de ses investissements à l’étranger fin 2010. Pour l’Europe, la Chine ne compte que pour 0.2% du stock des investissements d’origine extracommunautaire fin 2009 (dernière année disponible), et sa part atteint à peine 0.3% des flux entrants au cours des années 2004-2010. »
• La Chine ne peut pas utiliser ses réserves pour aider l’Europe.
C’est ce qu’a récemment déclaré Madame Fu Ying, vice-ministre des AE, ancien ambassadeur de Chine à Londres, en Australie et aux Philippines : « Les réserves de change ne sont pas des revenus. Le Ministre des finances ou le PM ne peuvent pas les utiliser comme bon leur semble, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Depuis la crise de 1997, la Chine a compris la nécessité de disposer d’importantes réserves de change (…) Le moment n’est pas venu d’aider l’Europe qui est capable de surmonter cette crise ».
Commentaires
: La finalité des réserves de change et leur gestion est ainsi définie par le FMI : « susciter et maintenir la confiance dans la politique monétaire et de change… Limiter la vulnérabilité externe… et ce faisant donner aux marchés l’assurance que le pays est en mesure de remplir ses opérations extérieures ».
Si on considère que cette sécurité est garantie quand le niveau des réserves est égal au montant de la dette extérieure à court terme (règle Greenspan-Guidotti), il est légitime de considérer que les réserves de change chinoises dépassent de loin le montant jugé nécessaire par les institutions financières internationales.
En toute logique, et contrairement à ce que dit Madame Fu Ying, Pékin pourrait continuer à investir ses réserves de change dans la dette souveraine européenne comme elle l’a déjà fait et comme elle le fait aux Etats-Unis. Elle y aurait d’ailleurs intérêt, pour contribuer à éviter un affaiblissement de l’Euro et un assèchement du marché européen.
Elle s’y refuse aujourd’hui, essentiellement pour des raisons politiques (déficit de confiance dans la zone Euro, volonté de se ménager un argument de négociation, anticipation de risques internes, sensibilité à l’opinion publique chinoise).
