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›› Economie

La croissance ralentit. L’inflation faiblit. Pékin relâche le contrôle monétaire

Brèves.

Mises à jour le 26/12/2011.

• Hausse de la bourse.

La décision de desserrer le crédit, qui intervient plus tôt que prévu, ce qui laisse supposer une analyse inquiète de la situation de l’économie, a immédiatement provoqué la hausse de la bourse.

A Hong Kong l’indice Hang Seng des entreprises chinoises gagnait plus de 8 points, tandis que la bourse de Shanghai gagnait 2,3%, après avoir perdu 15% suite au dernier relèvement du taux de réserve. Les gagnants sont les sociétés d’investissement (China Life +7%) et les sociétés minières et pétrolières. Le Yuan enregistrait sa plus forte hausse depuis 3 semaines et se négociait à 6,36 $. Partout ailleurs en Asie, les bourses ont suivi ce mouvement à la hausse.

• Baisse de l’immobilier dans une centaine de ville.

En novembre le prix des logements dans 100 villes chinoises a diminué par rapport à octobre. Les plus fortes baisses ont été enregistrées à Nanjing et à Chengdu. Ces tendances poussent à la restructuration du secteur des agents immobiliers qui commencent à enregistrer des pertes. La baisse des prix pousse aussi à des achats spéculatifs. Le 1er décembre une société des Ordos a engagé plus de 60 Millions de $ pour acheter des appartements de luxe dans le centre de Pékin.

Le 24 novembre s’est tenue à Pékin une réunion importante avec plusieurs grands acteurs économiques et financiers du pays, chercheurs et académiciens sous l’égide de la banque de Chine, à l’issue de laquelle a été rendu public un rapport signalant que « les prix immobiliers avaient atteint un tournant, tandis que les investisseurs avaient à faire face à de sévères restrictions de liquidité (…), mais que les acteurs pourraient encore absorber une baisse de 20 à 30% des prix. ».

La déclaration confirmait que le gouvernement allait poursuivre sa politique de contrôle du marché, mais, dans la foulée, la banque centrale s’interrogeait sur les risques de « ventes – panique ».

• Troubles sociaux dans le sud.

Une série d’incidents viennent à nouveau d’affecter l’usine du monde au sud de la Chine. Le 28 octobre, des centaines d’employés d’une fabrique de meubles à Dongguan ont défilé dans les rues pour protester contre le départ du patron qui ne les avait pas payés depuis 3 mois.

Le 21 novembre, une grève a éclaté dans une usine de sous-vêtements à Shenzhen. Le 24 novembre des milliers d’ouvriers d’une usine de chaussures de Donguan, sous traitants de marques occidentales se sont heurtés à la police pour protester contre le licenciement de 18 de leurs collègues. A Shenzhen encore, fin novembre, un millier d’ouvriers d’un sous traitant taïwanais de IBM et Apple ont protesté contre les conditions de travail.

Les analystes blâment la baisse des commandes européennes qui pousse les patrons à augmenter la pression sur la main d’œuvre, dont les conditions de travail et les salaires restent difficiles. A Dongguan même, plus de 400 entreprises ont mis la clé sous la porte au cours des 10 derniers mois, suite au rétrécissement du marché et à la baisse des commandes.

Il est probable que les faillites de petites entreprises continueront avec la crise, avec leur lot de protestations et de mises à pied, dans un contexte où les salaires restent encore insuffisants pour assurer un niveau de vie décent aux ouvriers en zone urbaine. Après les augmentations de 2010, les rémunérations stagnent toujours à moins de 200 euros par mois. Ils peuvent atteindre 300 euros à condition d’assurer 70 à 75 heures de travail hebdomadaires.

Mais les autorités de la région de Canton ont rappelé que le 12e Plan prévoyait une augmentation de salaires de 13% par an. Les troubles rappellent ceux qui avaient agité la région en 2010. (Voir notre article).

• Environnement des affaires et intérêt d’une localisation en Chine.

Selon le rapport annuel de la Banque Mondiale qui fait le bilan de l’environnement des affaires dans 183 pays, la Chine est toujours bien placée en dépit des récentes hausses des salaires.

S’il est vrai qu’elle est aujourd’hui plus chère que l’Inde et la plupart des pays de l’ASEAN - la Malaisie et la Thaïlande mises à part -, l’environnement des affaires y est cependant considéré comme administrativement plus facile.

Dans l’ASEAN, si l’on considère le rapport qualité de l’environnement et coûts des opérations, seuls le Vietnam (moins cher) et la Malaisie (pas plus cher et moins compliqué) sont mieux placés que la Chine. La Thaïlande est moins difficile, mais le coût des opérations y est plus élevé.

Contrairement aux idées reçues, le rapport montre que l’Inde, le Laos, le Cambodge, l’Indonésie, le Sri Lanka, le Bengladesh sont, bien que moins chers, moins bien lotis que la Chine sur le plan de l’environnement des affaires. Un autre facteur déterminant qui pousse les entreprises à rester en Chine est toujours et encore l’existence d’un vaste marché.


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