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›› Editorial

Postures guerrières, alliance sino-russe, accommodements raisonnables avec Washington et pragmatisme stratégique

NOTES de CONTEXTE.

1. Alors que, dans l’Île, la campagne électorale pour la présidentielle du 13 janvier 2024 est engagée, Pékin dont le logiciel de ses relations avec Taiwan s’est arrêté en 1949, ne parvient pas à tirer les leçons des expériences passées où les menaces militaires ont presque systématiquement renforcé le camp de la rupture porté par le Min Jin Dang 民进党, déjà arrivé deux fois au pouvoir en 2000 et 2016.

Peu avant le déclenchement de la démonstration de force, Wang Yi le MAE avait vertement attaqué William Lai, qu’il a traité de « trublion séparatiste historique et obstiné, n’hésitant pas à créer l’instabilité dans le Détroit, en cherchant l’appui des États-Unis pour sa quête d’indépendance. »

A propos des ambiguïtés politiques de William Lai, prétendant à la succession de Tsai Ing-wen en 2024, pour l’instant largement en tête dans les sondages avec, selon les enquêtes du mois d’août - cependant brouillée par une proportion non négligeable d’indécis -,une moyenne d’intentions de votes très supérieure à 30%, contre seulement 18% en faveur de son rival du KMT Hou You-yi (lire, dans une liste de candidats qui n’est pas close, notre revue des prétendants connus à la date du 7 juin 2023 : Élections présidentielles du 13 janvier 2024. Revue des candidats.

2. La réflexion de Wang Yi subordonnant tout arrangement sur le climat à une modification de la stratégie américaine à Taïwan dont Pékin souligne qu’elle viole les promesses américaines des « Trois communiqués » (lire : Les nouvelles eaux mal balisées de la question de Taïwan) publiés conjointement en 1972 (Nixon et Zhou Enlai), 1979 (Carter et Deng Xiaoping) et 1982, (Reagan et Deng Xiaoping), jette une lumière crue sur la flexibilité stratégique de Pékin, variable selon les interlocuteurs.

On le voit, Wang Yi vient de rejeter sans ambages la proposition de John Kerry qui, compte tenu de l’urgence du réchauffement particulièrement sensible cette année en Chine (52º C à Turfan, Xinjiang, le 17 juillet et record de 2 semaines consécutives au-dessus de 35ºC à Pékin, jamais vues depuis 1961), suggérait de séparer les négociations sur le climat des tensions stratégiques.

C’est pourtant la même stratégie consistant à mettre de côté les tensions sur les frontières avec l’Inde que le ministre Li Shangfu avait proposée à son homologue Rajnath Singh, le 28 avril dernier à New-Delhi, lors de la réunion des ministres de la défense de l’OCS.

Dans une attitude homothétique du refus signifié aujourd’hui par Wang Yi à John Kerry, Singh avait opposé une fin de non-recevoir à son homologue chinois. « Le développement des relation bilatérales dépendra du maintien de la paix et de la stabilité aux frontières. » Pour lui, à ce stade, la situation était que « les violations répétées des accords avait érodé la base même des relations bilatérales ».

La télévision indienne avait renchéri « Il est trop facile d’inviter votre voisin à bâtir un ordre contestant celui construit par l’Occident, après s’être introduit chez lui pour y construire un mur qui empiète sur son territoire. ». Lire : L’insistante tension entre la Chine et l’Inde. Une fragilité des BRICS.

Enfin, sur la question climatique à propos de laquelle Xi Jinping affirme que la Chine répondra « à son rythme sans se laisser dicter les réductions d’émissions par d’autres », la position chinoise semble être revenue aux réticences souveraines d’avant les accords de Paris. Elles expliquaient qu’après les pays développés, les émergents devraient également bénéficier d’un « droit à polluer » au nom de leur développement. Lire : COP 21 : entre illusions et scepticismes. Réalités et limites des contributions chinoises.

Le discours de Pékin qui ne manque pas de pertinence, peut non seulement se targuer des spectaculaires progrès de ses sources « d’énergie verte » - hydrauliques, éoliennes et solaires – mais également d’un ratio d’émissions par tête – 7,72 tonnes/hab très largement inférieur à celui des Etats-Unis 15,74 tonnes/hab.

Vu de Pékin, s’il est exact que les émissions chinoises de gaz à effet de serre comptent pour plus de 30% des émissions totales (sources GIEC, COP 27), loin devant les États-Unis et l’Inde, en revanche le ratio d’émissions par tête range la Chine très en-deçà des grands pollueurs par habitant que sont le Qatar, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Canada, les États-Unis et l’Allemagne.


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