›› Chronique
Dunes de Xianshawan
Dans les boucles du fleuve jaune, les majestueuses dunes de 30 m de haut ont été emprisonnées dans une clôture métallique qui empêche les touristes de les approcher autrement que par un guichet. Le site sauvage du désert du Gobi, en cours d’aménagement, subit, comme tant d’autres endroits au monde, la brutale agression du tourisme de masse, dont la première pollution est de détruire le rêve et tout espoir de communion avec la nature.
Le rêve est tarifé et borné par un grillage ; l’image apaisante du mouvement doux des dunes qui s’étendent à perte de vue est sèchement coupée en deux par le passage des câbles du téléphérique. Mais l’illusion de l’aventure s’était déjà fracassée le long de la trace noire d’une autoroute toute neuve, bordée par une voie ferrée. Le béton commence déjà à couler et il faut craindre que, d’ici peu, le site sera envahi par des hordes de touristes, tandis que la majesté des paysages sera, comme ailleurs, définitivement polluée par les alignements d’hôtels et de restaurants, envahis par la longue cohorte des bus touristiques.
Baotou, 140 km Nord de Ordos
Nous retrouvons Baotou après 7 ans d’absence. Sans surprise, nous constatons que toute la vieille ville a été détruite et remplacée par des avenues droites, larges et poussiéreuses. Toujours la laine, toujours le charbon, le pétrole en plus. Des bâches plastiques dans les champs donnent une touche de couleurs dans l’environnement fortement dégradé.
La Chine moderne a choisi de détruire ses anciens centres urbains et ses vieilles places fortes, qui étaient le cœur de la société traditionnelle. Elles ont été remplacées par de vastes étendues de macadam, des alignements tristes de bâtiments sans âme et sans esthétique, où vit une population hybride faite de cadres, d’entrepreneurs, d’ouvriers du pétrole, de migrants et de chômeurs, qui tentent de redonner un semblant d’âme à ces ensembles artificiels. Nous trouvons tout de même sur ce parcours un peu de spiritualité renaissante, au travers des chapelles, églises, neuves ou restaurées. Est-ce un signe d’espoir ?

