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›› Chronique

Les deux faces de la Chine (2e Partie)

Datong

Rien à dire sur cette ville, qui n’ait déjà été décrit dans des guides. Un vieux souvenir du musée provincial mongol, désormais fermé, et transféré en banlieue. Une rencontre fortuite avec un mongol musicien érudit, qui nous parle avec émotion de son amour pour la musique occidentale et le respect qu’il a de notre culture, tout à son désespoir de ne plus pouvoir à son âge, se rendre au nouveau musée, trop loin de son cercle de vie.

Retour vers Pékin

Pour éviter l’autoroute, nous rentrons via les montagnes de Wutai, sur la G-108/G-112, pour retarder le moment fatidique de la fin du voyage. La traversée de ce massif montagneux est toujours un enchantement, et le changement fréquent de vallées, permet de rêver, en nous imprégnant de ces paysages somptueux. Un dernier arrêt dans un petit village, annexé depuis 5 ans par les « Bobos » pékinois, nous permet de déguster un délicieux repas, dans un cadre sympathique et accueillant.

Arrivés sur le 6e périphérique, dernière ceinture routière autour de Pékin, véritable échassier de béton posé le long de la rivière de Mentougou, nous retrouvons nos marques, portant l’empreinte implacable de la civilisation automobile qui, jour après jour, étouffe un peu plus l’immense et tentaculaire capitale de la Chine.

3200 kilomètres de découvertes, ou redécouvertes, ne permettent pas de juger de l’avenir d’un pays. Ce n’est qu’un instantané, mais c’est aussi la mise à jour des souvenirs d’un ancien voyage, il y a plus de dix ans, sur les mêmes traces.

Il est indéniable que le développement des infrastructures et de l’industrie minière a participé au développement de ces régions. Le corollaire en est cependant la grave détérioration de l’environnement - certains officiels chinois disent eux-mêmes qu’elle est irrémédiable -, alors que, plus par absence de décision politique que faute de moyens, peu d’efforts on été entrepris pour corriger les effets pervers des bouleversements sociaux en cours dans ces provinces.
La Chine s’éveille, c’est sûr. Mais la population sait que, pour certains, ce réveil est encore peuplé de cauchemars, tandis que d’autres, font chaque jour le rêve éveillé de la puissance.

A Beijing, le 6 mai 2010.

B. De Lalande.


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