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Pékin ce n’est pas de la tarte

Chapitre IV

Nous étions rentrés à Pékin depuis plusieurs jours mais nous piétinions toujours dans notre enquête. La mort subite de Vandanus nous avait privés de la seule piste sérieuse qui s’offrait à nous. Son passé récent, ses fréquentations, avaient pourtant été passés au peigne fin mais ne nous avaient pas permis de remonter jusqu’à ses commanditaires. Le semblant d’adresse trouvé sur son paquet de cigarettes ne conduisait nulle part. Les troupes de Weng avaient passé le quartier au peigne fin, ratissé toutes les maisons dans un périmètre de six cents mètres autour de la Porte Est du stade, armées de la photo de Vandanus...

Quelques personnes l’avaient reconnu mais avaient également formellement identifié Grodaeg et l’ambassadeur comme faisant partie du même gang... Vandanus était également notoirement inconnu chez Lormel, le restaurant belge d’où provenait la boite d’allumettes trouvée dans la poche de son jean. Grodaeg et les sbires de Weng avaient pourtant mené sur place des interrogatoires plus que poussés, mais leurs investigations les avaient conduits plus près d’un coma éthylique que de pistes sérieuses... Lormel n’était sûrement pas complice de nos entarteurs, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était sympa et pas avare de ses bières belges, blanches ou brunes...

Nous avions maintenant les honneurs de la presse en mal de scandale et nous faisions régulièrement les choux gras des journaux en mal de scoops. Toutes les hypothèses, des plus farfelues aux plus grotesques, s’étalaient aux premières pages des tabloïdes... L’Elysée ne nous avait pas encore traités de gros nuls, mais nous sentions dans la teneur des messages que nous n’étions plus loin du lynchage organisé... Et, sur place, personne ne semblait vouloir nous donner d’information. Il faut dire que ce type de délit bénéficie au départ d’une sympathie qui ne nous facilitait pas la tâche et qui ne favorisait pas la délation dont nos compatriotes sont pourtant, en temps normal, plutôt friands et plus que prolixes... Nous devions bien accepter le fait que nos joyeux lascars nous narguaient toujours. Ils avaient même profité de notre enlisement pour rajouter l’injure à la blessure en frappant l’ambassade, comme promis dans le dernier message.

J’avais sous les yeux la déposition de Xiao Wang, le chauffeur de l’ambassadeur. Je l’avais déjà lue des dizaines de fois mais j’essayais encore de me représenter la scène, comme si j’y étais : c’est souvent lorsqu’on se visualise les témoignages ou lorsque l’on effectue des reconstitutions que l’on prend conscience de certaines incohérences... 

Je vous la joue parce que c’est vous...


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